Roger-Luc Chayer
Le chef du Nouveau Parti Démocratique, Tom Mulcair, expulsé «Manu militari» du parti lors du congrès d’Edmonton, tenu en avril dernier, a enfin récolté de la part de ses propres militants, le fruit de son arrogance depuis qu’il avait été élu chef du NPD en 2011.
Cette expulsion fait suite à la cuisante défaite du NPD aux dernières élections fédérales tant au Canada qu’au Québec, alors qu’il perdait essentiellement tout ce qu’avait réussi à bâtir son prédécesseur Jack Layton.
Mais ces deux événements humiliants pour un homme au caractère aussi dominant que Mulcair étaient prévisibles. Gay Globe Média avait souvent publié des textes sur le comportement tant de Tom Mulcair que de son sous-fifre québécois Alexandre Boulerice (Rosemont) ou sur la coquille vide qu’était le Comité LGBT du NPD qui ne servait qu’à donner l’illusion que les questions portant sur la communauté gaie intéressaient particulièrement le parti fédéral.
Un des gestes les plus marquants du NPD (en fait le Comité LGBT lui-même) face à la communauté gaie avait été, il y a environ 2 ans, de se désabonner de Gay Globe Magazine suite à la publication d’une nouvelle portant sur le député Alexandre Boulerice de Rosemont. J’avais alors écrit à M. Mulcair pour porter à son attention ce geste plutôt surprenant et revanchard, j’attends encore l’accusé réception!!!
Devant le silence du chef, j’avais alors informé le seul député du NPD ouvertement homosexuel au Québec en octobre 2012, Dany Morin, des actes du comité LGBT et de son collègue Boulerice pour me faire répondre que je manquais de respect envers le NPD, oui vous lisez bien, et que son «ami» Alexandre Boulerice avait toute sa confiance. En mars 2013, M. Morin bloquait l’accès de Gay Globe à sa page Facebook plutôt que de répondre à nos questions. Monsieur Morin a finalement été défait lors de la dernière élection fédérale de 2015, c’était dans la logique des choses.
Enfin, les défaites cuisantes du NPD et de son chef s’expliquent aussi par la terrible arrogance institutionnelle tant du parti que de ses élus qui croyaient, jusqu’à la dernière défaite électorale, qu’en agissant comme si on était au pouvoir, en écartant les médias qui posent les vraies questions ou en évitant à tout prix d’assumer son discours, ils allaient réussir à gagner le vote populaire et prendre le pouvoir sur ces bases. Erreur!
Mes constats des dernières années sur ce parti, sur certains de ses élus et sur son chef ont été confirmés par l’élection fédérale de 2015 alors que le NPD perdait près de 50% de ses élus au parlement fédéral et ont été corroborés par le congrès d’avril dernier à Edmonton alors que 52% des membres du NPD fichaient à la porte leur chef.
Le Nouveau Parti Démocratique du Canada retourne là d’où il vient et redevient un parti régional de peu d’importance tout cela à cause d’une image définitivement ternie par le comportement corporatiste de ses élus, une aberration quand on pense qu’il s’agit d’un parti politique qui se présente comme «socialiste» à l’écoute des Canadiens et des Québécois. Il reste deux ans au NPD pour nous faire de nouvelles propositions crédibles et pour nettoyer les pots cassés, est-ce que ça sera suffisant? À voir!