QU’EST-CE QUE LA PPE? La prophylaxie post-exposition sexuelle

Roger-Luc Chayer

Malgré l’aspect austère du nom, cette approche sauve de nombreuses vies et pourrait en faire plus si elle était mieux connue…

La PPE, de son nom complet «prophylaxie post exposition sexuelle» est peut-être difficile à prononcer mais simple à comprendre. Il s’agit en effet d’une toute nouvelle approche en matière de gestion du risque de transmission du VIH qui a été approuvée au Canada depuis quelques années seulement.

Elle était déjà utilisée dans les centres hospitaliers auprès du personnel soignant, des policiers et des ambulanciers qui étaient accidentellement en contact avec du sang potentiellement contaminé par le VIH mais son utilisation a été élargie à toutes les personnes qui ont des raisons de croire qu’elles ont pu être exposées au VIH lors d’une relation sexuelle.

Le principe est simple: Nous savons maintenant qu’il est tout à fait possible de détruire et d’éradiquer toute trace du virus du VIH dans les heures qui suivent une éventuelle infection. Prenons par exemple un jeune homme qui aurait une relation sexuelle non protégée et qui, sous le coup de la passion ou sous l’effet de l’alcool ou de quelques drogues que ce soit, laisserait tomber ses principes et sa garde et déciderait de ne pas utiliser le condom. Voilà une situation qui arrive à au moins 55% des hommes sexuellement actifs selon de nombreuses études quantitatives sur la question. Une fois la relation terminée, des doutes peuvent survenir sur l’état de santé du partenaire et des regrets apparaissent souvent, suscitant une certaine panique «et si le mec était séropositif?»…

Il existe maintenant une solution à ce questionnement et devant l’incertitude, la prophylaxie post exposition sexuelle est la solution. Celle-ci consiste à administrer, impérativement dans les 72 heures suivant une relation sexuelle à risque, une trithérapie pendant un mois, de manière à contrôler la reproduction du virus dans le sang et de faire disparaître toute trace d’une possible infection.

Selon les études effectuées pour le compte de l’ONUSIDA et de nombreuses autres recherches visant à corroborer l’information, il est possible de détruire le virus dans les premiers moments de sa présence chez une personne infectée et la certitude de pouvoir éviter une séropositivité serait de 100% si la personne obtient la PPE dans les 72 premières heures.

Il est donc impératif que les personnes ayant des relations sexuelles à risque se fassent soigner rapidement et n’hésitent pas à le faire puisque les médicaments pouvant éviter le pire existent et sont efficaces. À Montréal, on peut obtenir la PPE dans tous les hôpitaux et à la Clinique L’Actuel, spécialisée en VIH et autres MST.

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