PrEP = AUGMENTATION DES ITS

Roger-Luc Chayer

La survenue de la PrEP a été une révolution dans le mode de gestion
de la propagation du VIH depuis quelques années. Mais voilà
que des études statistiques effectuées tant en Amérique du Nord
qu’en Europe prouvent que la PrEP, indirectement, provoque une
augmentation massive de la transmission des autres ITS (infections
transmises sexuellement) principalement chez la population
des hommes gais. Les infections les plus concernées sont la Chlamydia,
les Hépatites A, B et C ou encore la Syphilis.
Selon le site de la Clinique l’Actuel de Montréal, «la prophylaxie
pré-exposition (PrEP) s’adresse à des personnes non infectées
mais hautement exposées au VIH et consiste à prendre une combinaison
de deux antirétroviraux afin de réduire le risque d’infection.»
Il s’agit donc d’un traitement préventif qui doit être suivi et respecté
de façon très minutieuse pour qu’il puisse être efficace à un taux
de près de 96%. Pour atteindre une protection quasi parfaite de
100%, il est recommandé d’utiliser le condom en même temps que
la PrEP, mais c’est là que le problème se manifeste.
Pour de nombreuses personnes qui ont une vie sexuelle active,
l’idée de prendre la PrEP avait pour objectif de se protéger contre
le VIH ou une transmission accidentelle justement sans avoir à utiliser
le condom. Pour ces patients, l’idée de ne plus recourir au
condom est si forte que la PrEP constitue pour eux une protection
à toute épreuve. Or c’est le cas uniquement contre le VIH!
À partir du moment où on rejette le condom, nous devenons susceptibles
de contracter des dizaines de maladies et conditions qui
ne sont pas couvertes par la PrEP. Les infections autrefois bien
contrôlées comme la Chlamydia reviennent en force et on parle
maintenant d’une super-Chlamydia qui est très difficile à traiter, qui
peut entraîner une septicémie (infection du sang) et la mort! Même
chose avec une maladie comme la Syphilis qui, il y a à peine 10
ans, n’existait plus au Québec et qui effectue un retour en force.
La Syphilis, qui est souvent présente avec un VIH, peut devenir
difficile à traiter et oblige à de nombreux rendez-vous de suivis médicaux
et la prise de médicaments qui ont des effets secondaires
négatifs et ennuyants. En fait, il existe près de 15 maladies sexuellement
transmissibles qui sont toutes sujettes à être contractées en l’absence de protection comme le condom. Est-ce que la PrEP serait
un cadeau empoisonné? Pas nécessairement si les gens se responsabilisent
et se mettent dans la tête que la PrEP, c’est uniquement
contre le VIH et rien d’autre. Pour le reste, chacun doit agir en fonction
de l’existence des autres infections et se protéger de façon adéquate.
Il en va de la santé des personnes LGBT et de leur entourage.

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