Par Roger-Luc Chayer
En ces temps extrêmement troubles pour la
presse internationale en général et
particulièrement pour les journalistes
québécois, en ce qui nous concerne du
moins, la rigueur est plus que jamais la
solution au cynisme de la population et du
public. À cause de la pandémie, les médias
sont consommés à des niveaux records, et
ce tant à la télé, à la radio, sur le papier ou
sur le Web.
Dans la mouvance de la fausse nouvelle
(fake news) lancée depuis quelques
années par l’ex-Président Donald Trump
(États-Unis), certaines franges du public en
sont venues à croire que les journalistes
sont responsables de tous les maux de la
société, qu’ils manipulent directement
l’information pour en tirer le plus grand
profit possible et seraient même les
responsables d’une crise totalement
artificielle, celle de la COVID-19.
C’est fort quand même! Mettre sur le dos
des professionnels de l’information qui, en
général, n’ont rien à voir avec le
département des ventes de leurs médias, la
responsabilité de la fabrication d’une crise
internationale, sans même se regarder
dans le miroir et se rendre à l’évidence que
c’est certainement l’ignorance et la
paranoïa qui sont la cause de la diffusion
d’autant de bêtises dans certains médias.
On s’adresse tout de même de la façon la
plus appropriée selon ses lecteurs ou
auditeurs, demandez à TVA s’il considère
ses lecteurs et utilisateurs comme des
universitaires informés et conscients des
grands enjeux dans le monde, vous
recevrez une volée de fou rire!
Tous les médias ne sont pas des
mangeoires à brebis, je vous l’assure, et je
vous le certifie comme éditeur du groupe
média qui publie mon texte, Gay Globe.
Mais je suis forcé d’admettre que certains
journalistes sont effectivement
responsables d’un piètre travail, surtout
quand on fait dans la dénonciation
quotidienne sur les ondes de certaines
radios X ou dans les pages de certains
journaux de Montréal! Lisez entre les
lignes…
Même la Fédération Professionnelle des
Journalistes du Québec (FPJQ a une
certaine responsabilité dans les
amalgames qui me donnent parfois le
frisson. Si je parle de cette association de
journalistes, à laquelle je n’adhère pas,
c’est qu’en lisant son infolettre
hebdomadaire, je suis moi-même outré d’y
trouver plus de concours et de tirages,
souvent en rapport avec le fric, que de
discussions éthiques sur le journalisme.
Dans son édition du 11 février, on y trouvait
une orgie de concours, de prix et de
subventions, en fait, j’ai arrêté de compter
à la 11e annonce, toutes reliées à de
l’argent. Oui il y avait bien quelques
nouvelles d’actualité, mais aucune analyse
venant directement de la fédération traitant
de questions éthiques. Et pourtant, c’est
maintenant et plus que jamais qu’il faudrait
parler des normes et des règles
journalistiques, car il existe une crise de
confiance réelle dans l’opinion publique à
l’endroit des travailleurs de l’information.
Personnellement, je traite le plus souvent et
ouvertement de ces questions dans ces
pages, parce qu’il faut aussi s’assumer, ce
que je fais tous les jours.