Par Roger-Luc Chayer
Le Gouvernement du Canada, par
l’entremise du ministre du Patrimoine,
Monsieur Steven Guilbeault, étudie diverses
possibilités et scénarios afin d’obliger les
plus importants joueurs dans le monde des
réseaux sociaux à contribuer financièrement
aux médias locaux et à la circulation des
nouvelles. Il est même question de légiférer
éventuellement sur de nouvelles règles
entourant ces réseaux sociaux comme
Facebook, Twitter, Instagram, etc.
La question est importante, car depuis le
début de la pandémie et du télétravail, une
majorité de Canadiens constatent que les
réseaux sociaux sont des pollueurs du web
et ne servent pratiquement plus qu’à
propager des discours haineux sur tout et sur
rien!
« Quand on ne sait pas conduire, on ne
conduit pas », c’est ce que je répète
continuellement sur les réseaux sociaux
quand je constate personnellement que les
gens écrivent n’importe quoi, n’importe
comment. Si on ne sait pas écrire, on n’écrit
pas et c’est encore plus vrai quand on parle
de pensée structurée et intelligente. Les
réseaux sociaux sont devenus au fil des
années des outils de diffusion de contenu
majoritairement indésirable et qui sont
loin d’être ce qu’ils devaient être à
l’origine. Pensons à Facebook, par
exemple. Ce qui devait être une page web
permettant à des amis de se retrouver,
une sorte de jeu, le géant de Zuckerberg
est devenu un outil de propagande qui a
des effets profonds sur la vie quotidienne
de milliards de personnes, dans tous les
pays.
Les réseaux sociaux propagent une haine
gratuite tant contre des individus que
contre des entreprises, des
gouvernements ou sur tout en général.
Cette violence insensée, encouragée par
ces mêmes compagnies qui tolèrent à
peu près tous les discours, sauf quand ça
touche leurs revenus, a pourtant de
graves conséquences sur les gens, tant
morales, physiques que financières. Il se
publie sur Facebook, dans mon
expérience personnelle comme
observateur, environ 95% de fausses
nouvelles, de faux renseignements sur
l’actualité, la santé, la politique au point tel
que des millions de personnes croient ce
qui y est publié et forgent leurs opinions sur
ce qu’elles y lisent. Twitter a servi au
président Trump pour organiser l’attaque
contre le Capitole le 6 janvier dernier et
Facebook a servi aux Russes pour faire
élire Donald Trump en 2016. Les effets sur
la santé mentale de ces réseaux sociaux
sont de plus en plus étudiés. On sait par
exemple que le taux de suicide chez les
jeunes de moins de 25 ans est influencé
par leurs activités ou leur fréquentation de
certains de ces réseaux. Les attaques
personnelles, les publications intimes, sans
parler des dépendances qu’engendrent ces
applications, tout y est pour créer un stress
constant chez ces jeunes.
Voilà pourquoi la réflexion des
gouvernements tant au Canada, qu’en
Australie ou en Europe doit déboucher
enfin sur une refonte complète de ces
applications qui devraient dorénavant
assumer non seulement la responsabilité
de ce qu’elles font, mais cesser de
permettre à n’importe qui de pouvoir y
trouver un débouché pour diffuser leurs
stupidités. Un filtre serait nécessaire.