
Roger-Luc Chayer (Image: Éromène « l’être aimé » par Wikipédia)
La pédérastie est souvent confondue avec la pédophilie, bien qu’elles ne partagent en commun que la question de l’âge de la personne concernée. Ce sont toutefois deux concepts très différents qu’il est important de distinguer. La pédérastie a des racines historiques et culturelles, tandis que la pédophilie relève de la criminalité.
La pédophilie
Selon Wikipédia, la pédophilie est une paraphilie caractérisée par l’attirance sexuelle ou par des sentiments amoureux persistants d’un adulte ou d’un adolescent envers les enfants, filles et/ou garçons, généralement prépubères ou au début de leur puberté. Cette attraction doit par ailleurs être associée à une souffrance cliniquement significative ou à une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants pour remplir les critères diagnostiques du trouble pédophilique. Une personne ayant cette attirance est décrite comme étant « pédophile ».
Dans la société moderne, ce type d’attirance est reconnu comme une perversion sexuelle et, dans le cas des adultes, les activités s’y rapportant sont condamnées par la loi, notamment en raison du fait qu’une personne n’ayant pas la majorité sexuelle ne peut apporter un consentement éclairé.
Contrairement à certaines idées reçues, la pédophilie n’a jamais été pratiquée dans la Grèce ou la Rome antique, ni dans les autres grandes civilisations de l’Antiquité. Dans de rares cas, des mariages royaux ou d’autres alliances préarrangées pouvaient impliquer de jeunes personnes, mais la sexualité n’était pas consommée avant un âge approprié.
Au Canada, un mouvement a tenté d’associer la pédophilie à une orientation sexuelle, à l’image des communautés LGBTQ+. Cette idée a été invoquée par un accusé, (A.F. Club social de pédophilie), dans un procès pour pédophilie, mais elle a été rejetée par les tribunaux et a suscité de vives réactions au sein des communautés LGBTQ+.
La pédérastie
La pédérastie dans la Grèce antique faisait partie des relations éducatives et sociales entre hommes adultes et jeunes garçons, souvent dans le cadre de mentorat intellectuel et militaire. Ce type de relation, bien que controversé aujourd’hui, se situait dans un contexte social et culturel très différent, où ces interactions jouaient un rôle spécifique dans l’apprentissage et le développement de l’élite masculine grecque.
Le concept de la pédérastie variait entre les cités-États grecques, avec des approches et des normes distinctes à Athènes, Sparte, et en Crète, par exemple. En général, l’adulte, appelé « érastès » (l’amant), guidait le jeune, appelé « éromène » (l’aimé), dans sa formation éthique, intellectuelle, et parfois militaire, en lui enseignant des valeurs comme la bravoure, la sagesse, et la discipline. Cette relation n’était pas seulement physique, mais également morale et éducative, bien que certains aspects physiques aient été présents et socialement tolérés.
La pédérastie n’était pas présente que dans la Grèce antique. Selon Wikipédia, au sens général, la pédérastie est présente dans de nombreuses cultures au fil des siècles : la Grèce et la Rome antiques, les Celtes, le Japon, la Chine, l’Océanie, ou encore l’Italie pendant la Renaissance. Les législations nationales fixent un âge de majorité sexuelle, variable selon les États, mais généralement inférieur à celui de la majorité civile, à partir duquel les relations sexuelles entre adultes et adolescents sont permises, sous certaines conditions.
La question de l’âge
La grande différence entre les deux concepts, en termes d’âge, est que la pédophilie implique généralement des enfants prépubères, tandis que la pédérastie concerne plutôt des adolescents. Dans la culture de la Grèce antique, de nombreuses illustrations de relations pédérastiques montrent que cette pratique faisait partie d’une norme culturelle. Les éphèbes accompagnaient les hommes adultes sur les champs de bataille pour les soigner et leur donner du courage. Ils étaient également présents lors des jeux olympiques de l’époque pour soutenir les athlètes, les préparer et les soigner.
Pourquoi on associe encore la pédophilie à l’homosexualité?
Malheureusement, au fil des siècles, la pédophilie et la pédérastie ont été associées à l’homosexualité. Malgré les avancées des droits des personnes homosexuelles, l’homosexualité est encore parfois associée à la pédophilie, ce qui constitue une grave erreur. En effet, l’amour entre deux personnes ne devrait en aucun cas être confondu avec un crime. Il s’agit évidemment de relations consenties entre personnes majeures, ou entre adolescents en âge de s’aimer mutuellement.
Selon une étude a été menée aux Etats-Unis par le Dr. Carole Jenny et ses collègues, qui ont passé en revue 269 cas d’abus sexuels d’enfants : l’agresseur était un.e adulte gay ou lesbienne dans seulement 2 cas. Des chercheurs canadiens ont mesuré l’excitation sexuelle chez un groupe d’hommes homosexuels et un groupe d’hommes hétérosexuels pendant la projection de photos. Les chercheurs ont trouvé que les homosexuels n’éprouvaient pas plus d’attirance à la vue de photos de petits garçons que les hétérosexuels à la vue de photos de petites filles.
L’étude concluait que l’association délibérée de l’homosexualité à la pédophilie relève d’un comportement homophobe, visant à nuire à la réputation d’une personne au profit d’une autre qui se sentirait vulnérable. Ce type de comportement doit être dénoncé aux autorités lorsqu’il se produit.