Facebook adoucit sa politique sur les pseudonymes

les echos

Le réseau social a suspendu les comptes de plusieurs drag queens, ouverts sous leur nom de scène. Un geste qui a suscité une vague de protestation dans la communauté LGBT.

Ce n’est pas son nom de naissance, mais Sister Roma pourra quand même exister sous cette identité sur Facebook. Le réseau social vient en effet d’amender, sous pression de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bi et trans), sa politique stricte sur les patronymes.

Sister Roma, Lil Miss Hot Mess et d’autres « performeuses » ont eu la mauvaise surprise, en septembre, de ne plus pouvoir accéder à leurs comptes Facebook. La raison ? Leurs comptes avaient été signalés comme abusifs, car ouverts sous leurs noms de scène. Or le site tient à ce que les comptes le soient sous un « vrai » nom, pour éviter les usurpations d’identité ou les abus -harcèlement, insultes, racisme…- facilités par l’anonymat…

Un vœu pieu, de nombreux utilisateurs optant pour des pseudonymes sans être inquiétés tant qu’ils ne sont pas signalés au réseau par d’autres membres. Quand ils le sont, les utilisateurs doivent prouver au site leur identité revendiquée en produisant une quelconque pièce officielle. Un exercice difficile dans le cas d’une Sister Roma ou d’une Lil Miss Hot Mess…

Leur indignation a suscité l’émoi de la communauté LGBT, qui a lancé une mobilisation sur Twitter ( #MyNameIs ), une pétition et planifié une manifestation pour ce jeudi devant le siège de Facebook, en Californie. Et le rétropédalage du réseau social, avec présentation de ses plus plates excuses « à la communauté des drag queens et kings, des transgenres, et le groupe plus large de nos amis, de nos voisins, et des membres de la communauté LGBT pour les souffrances que nous leur avons fait endurer ».

Le site plaide une erreur, le signalement de plusieurs centaines de comptes de drag queens, formulé par un seul et même utilisateur vraisemblablement remonté, étant noyé dans des centaines de milliers d’autres signalements légitimes. Facebook n’avait pas remarqué que la communauté était particulièrement visée.

Ce mea culpa n’était pas gagné : le site a rencontré des représentants du mouvement de protestation à la mi-septembre et proposé seulement d’ajouter deux semaines de délai pour permettre aux personnes dont le compte a été signalé de réagir. Pas question alors d’accepter autre chose qu’un nom « réel »…

Les juges ou les artistes concernés

Il a depuis adouci sa position : « L’esprit de notre politique est que chacun sur Facebook utilise le nom qu’il utilise dans la vraie vie », a écrit Chris Cox , l’un des responsables du site. Donc pas nécessairement son nom légal mais son nom d’usage. Et d’enfoncer le clou : « Pour Sister Roma, c’est Sister Roma, pour Lil Miss Hot Mess, c’est Lil Miss Hot Mess ».

Pour éviter que ces problèmes se reproduisent, le réseau veut désormais améliorer la façon dont il identifie les « faux » comptes, et l’accompagnement des utilisateurs une fois leur compte signalé. Le bénéfice du nom d’usage est étendu à d’autres catégories d’utilisateurs, comme des juges, des travailleurs sociaux, des victimes d’abus, des enseignants ou encore des artistes, qui souhaiteraient pouvoir agir sur Facebook sous un nom d’emprunt. Tous devront cependant continuer à fournir au réseau, lors de leur inscription, leur véritable patronyme, pour des raisons de sécurité

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