HYPNOSE ET FIERTÉ ARC-EN-CIEL

Photo jeune

Par: Arnaud Pontin

Photo: Pixabay

Qui aurait cru qu’un jour, l’hypnose ericksonienne, cette approche thérapeu-tique à la voix douce et aux métaphores bien placées, viendrait prêter main-forte au sentiment de fierté des communautés LGBTQ+ ? C’est pourtant ce qui se passe, discrètement mais sûrement, dans les cabinets feutrés où le fauteuil est moelleux, la lumière tamisée et où, parfois, un drapeau arc-en-ciel se glisse entre deux plantes vertes pour rappeler que, oui, ici aussi on célèbre la diversité.

L’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre américain Milton H. Erickson, se distingue par son art subtil de contourner les résistances. Fini le cliché du pendule et du « Dormez, je le veux ! ». Ici, on discute, on imagine, on voyage à l’intérieur de soi comme on fouille une vieille malle pleine de costumes, à la recherche de celui qui nous fera nous sentir bien dans notre peau — paillettes optionnelles mais fortement recommandées. Pour beaucoup de personnes LGBTQ+, la fierté n’est pas qu’un drapeau qu’on agite une fois l’an sur un char de parade. C’est un cheminement intérieur, parfois chaotique, souvent semé de doutes, de « Suis-je assez moi ? » ou de « Est-ce que j’ai le droit d’être aussi flamboyant ? ». Et c’est là que l’hypnose ericksonienne s’invite, telle une bonne copine qui murmure à l’oreille : « Et si tu te souvenais que tu as toujours eu ce courage en toi ? »

Avec ses histoires, ses images mentales et ses suggestions à peine voilées, l’hypnose aide à revisiter des croyances profon-dément ancrées — souvent glissées dans notre inconscient par une société encore trop frileuse face aux différences. On peut, sous hypnose, réécrire le scénario. Dans ce film intérieur, plus besoin de tenir le rôle de la personne qui s’excuse d’exister. Ici, on est à la fois le héros, le scénariste et le réalisateur. Oscar garanti pour « Meilleure affirmation de soi » !

Certaines personnes LGBTQ+ trouvent dans l’hypnose une manière douce de pacifier des souvenirs douloureux. L’intolérance, le rejet, les insultes, ça laisse des traces. Loin de tout effacer par un coup de baguette magique, l’hypnose ericksonienne offre plutôt un espace sécurisé pour reprogrammer le disque dur émotionnel. En gros, elle remplace la petite voix critique du genre « Tu n’es pas assez » par un ton plus fun : « Tu es toi, et c’est déjà énorme ! ». Au passage, elle apprend à écouter son corps, à s’autoriser à se détendre, à cultiver la bienveillance pour soi. Des qualités qui, mine de rien, aident à se tenir plus droit dans sa robe, son complet-cravate ou son short à paillettes. Il n’est pas rare que certains sortent d’une séance avec un sourire en coin et une énergie nouvelle, prêts à (re)peindre le monde aux couleurs qu’ils veulent. Car au fond, la fierté LGBTQ+ n’est jamais figée: elle est vivante, vibrante, et chaque coup de pouce est bon à prendre pour la faire fleurir. Bien sûr, tout cela fonctionne à condition de tomber sur un praticien ou une praticienne respectueux·se, formé·e, et ouvert·e à la pluralité des identités. On vous conseille d’éviter le pseudo-hypnotiseur louche qui vous promet de « vous guérir de votre homosexualité » : celui-là, on l’envoie direct au musée des vieilles idées rances. 

L’hypnose ericksonienne ne fait pas de miracle, mais elle aide à réveiller la fierté déjà là, tapie sous les couches de peurs et de conditionnements. C’est un coup de projecteur intérieur, une invitation à dire « oui » à soi-même, avec panache. Et si ça peut se faire allongé sur un fauteuil confortable, avec une petite musique planante et la promesse de mieux s’aimer… pourquoi se priver? Après tout, la fierté, ça se cultive aussi les yeux fermés.

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