LES «GROS MOTS» Le harcèlement des jeunes gais sur le web!

Roger-Luc Chayer

C’est à la suite d’un appel de détresse d’un jeune gai en région, subissant un harcèlement incessant sur un site de rencontres, que j’ai été informé de l’existence d’une situation potentiellement suicidoïde pour nos jeunes. Je devais en parler!

Michael a 19 ans, il est visiblement très beau, sa photo de profil exalte la fraîcheur et la jeunesse. Il est membre de ce site international depuis quelques semaines seulement et, dès les premiers jours, s’est vu faire l’objet d’un intérêt un peu particulier de la part d’un homme plus âgé qui, avec l’aide de l’«app» de rencontre, pouvait savoir très exactement que Michael était voisin d’à peine quelques mètres de chez lui. Il aura vite fait de le croiser sur la rue sans lui dire toutefois qui il était. Or, depuis ce jour, Michael aura reçu près de 600 messages divers de la part de cet individu qui lui offre  de l’argent, qui l’invite chez lui ou au sauna pour des relations sexuelles, qui lui parle de tout et de rien mais toujours en lien avec sa beauté ou la sexualité: le tout, sans jamais s’identifier, lui donner un numéro de téléphone ou mettre sa photo sur son propre profil.

Terrorisé à l’idée que l’individu puisse contacter ses parents et ses proches pour le faire chanter, car c’est ce qu’a finalement dit le type dans un message plus récent, Michael m’a contacté au bureau de Gay Globe pour demander conseil.

Il semble que cette situation ne soit pas unique, puisqu’une vérification faite auprès de quelques autres jeunes sur le même site de rencontres, me démontre que le harcèlement sexuel y est systématique et totalement hors de contrôle étant donné que les propriétaires de l’app ne permettent pas de gérer cette situation autrement qu’en effaçant son compte au complet, donc de renoncer à tous ses amis et contacts.

Pire, Michael, se sentant piégé par ce maniaque sexuel, et à l’idée de devoir expliquer sa vie à ses parents, de les décevoir et de créer un scandale dans sa région (il habite un tout petit village près de Gatineau), songe sérieusement au suicide car il ne voit plus comment se débarrasser de cet individu .Alors les conseils donnés à Michael s’appliquant à toute autre victime de ce genre de situation, les voici, car oui il existe des solutions et elles sont aussi confidentielles qu’efficaces. Premier endroit où se rendre est le poste de police de quartier et déposer une plainte de harcèlement criminel. Les policiers peuvent facilement retracer quiconque sur Internet avec un mandat au serveur. Non seulement les policiers québécois sont très efficaces dans ce domaine, la Sûreté du Québec possède une expertise datant de plus de 25 ans. Si l’individu est retracé, arrêté et accusé, la victime ne sera jamais identifiée dans les procédures par son nom véritable, mais bien par des lettres servant à lui assurer l’anonymat. Même dans le jugement qui suivra contre le maniaque, le nom de la victime ne sera jamais prononcé. Il faut agir avec des alliés, à Michael de jouer…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *