Par Roger-Luc Chayer
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L’Essai Ipergay vise le traitement par trithérapie de sujets parfaitement sains, et séronégatifs, uniquement en prévention.
Une étude française du nom d’Essai Ipergay, lancée par l’Agence nationale de recherche contre le SIDA a été validée, après de nombreux débats, par la communauté gaie.
Dans les faits, elle vise à traiter par une médication de trithérapie des personnes homosexuelles parfaitement saines, séronégatives, donc non porteuses du VIH dans le but ultime de les protéger avant une éventuelle exposition à un virus, avant une relation sexuelle donc. En théorie, il s’agit de traiter à vie, en prévention, des personnes qui sont homosexuelles, pour rien.
Voilà une toute nouvelle approche dans la recherche de nouveaux moyens de prévention du VIH qui est loin de faire l’unanimité car elle soulève de sérieuses questions tant en matière de profits pour l’industrie pharmaceutique qu’en matière éthique.
D’une part, est-ce qu’il est si important de vendre des médicaments, à vie, à des personnes homosexuelles dans le seul but de faire diminuer le risque d’acquisition du VIH d’environ 42%, comme le démontrent des études antérieures? Car il faut bien comprendre ici que ce traitement préventif ne sera offert qu’aux homosexuels.
Qui paiera pour des traitements médicaux donnés à des personnes parfaitement saines? Est-ce que les gouvernements auront les moyens d’une telle campagne alors que les budgets de l’État en matière d’assurance-médicaments sont déjà très compromis.
Ensuite, il faut certainement se préoccuper des réelles intentions des compagnies pharmaceutiques qui voudraient maintenant, selon cette théorie, traiter à vie des personnes pour un risque éventuel. C’est comme prendre une chimiothérapie à vie contre un cancer qui n’existe pas en espérant que s’il survient, la chimio donnée par le passé ait un effet protecteur. C’est un peu exagéré comme théorie non?
Sauf pour l’enrichissement des compagnies pharmaceutiques, cette recherche ne semble pas s’orienter vers les vraies questions: À quand un médicament qui traite et guérit le SIDA et plutôt que de chercher à rentabiliser une trithérapie au maximum, pourquoi ne pas orienter les recherches vers un traitement définitif, comme il en existe avec les antibiotiques?
Il est vrai que la recherche d’un vaccin que l’on pourra donner seulement en une seule dose sera moins rentable que la prise quotidienne d’un médicament à vie qui ne soigne pas mais qui ne fait que “prévenir” quelque chose qui ne se produira peut-être jamais.
Pour certains acteurs de la communauté gaie, la question ne devrait même pas se poser tellement la finalité est absurde.