Un nouveau phénomène à Montréal fait son apparition mais a déjà une longue existence au niveau international. Il s’agit du concept «CumUnion» qui, selon sa page de présentation, consiste à réunir des groupes d’hommes dans des lieux gais, des hôtels et pour le cas de Montréal, dans un établissement connu du Village, pour y pratiquer une sexualité «pro-choix», c’est-à-dire avec ou sans protection, sans jugement ni questions.
En découvrant ce concept, j’avoue que les bras m’en sont tom- bés, parce que jusqu’ici du moins, j’avais la certitude que la com- munauté gaie, suite à la crise du SIDA et à la forte mortalité des années passées, s’était responsabilisée sur cette question et que le barebacking n’était pratiqué que par une minorité de gais.
Tout d’abord en quoi consiste le barebacking? Selon Wikipédia, Le barebacking, littéralement « chevauchée à cru », désigne la pra- tique de rapports sexuels non protégés, et par extension un cou- rant polymorphe prônant le culte et la revendication de cette forme de pratique sexuelle, ainsi que le culte de la semence masculine. C’est clair, le concept CumUnion, malgré son discours pseudo res- ponsabilisant, organise des journées où des gais se rencontrent pour expérimenter leurs fantasmes les plus secrets, dans un envi- ronnement où l’on favorise les relations non protégées.
Évidemment, traiter de cette question sans faire la morale relève de l’exploit mais l’idée de cet article n’est pas de dénoncer mais de questionner cette approche et de parler des conséquences que peuvent avoir ces comportements sur la communauté dans son ensemble.
Selon nos sources, lors de ces journées mensuelles, le condom serait proscrit et la plupart des participants se déclarent soit séro- négatifs, soit séropositifs indétectables ou soit sous PrEP (médi- cament préventif) mais comment savoir qui dit vrai? Est-ce que les gars se déshabillent et gardent sur eux une serviette et leurs derniers résultats sanguins? Évidemment pas.
Le débat doit se faire sur ce type de concept qui peut potentielle- ment coûter très cher à l’État en frais médicaux pour les personnes qui contractent le VIH, une hépatite ou n’importe quelle autre des dizaines de maladies transmissibles sexuellement, mais qui peut aussi causer des catastrophes sur le plan humanitaire. Est-il nor- mal qu’en 2017, alors que les autorités tentent d’éradiquer le VIH au Canada, que Montréal vient de signer la charte de l’ONUSIDA visant à éliminer cette maladie d’ici quelques années à Montréal et alors que les gais sont les mieux placés pour se souvenir des ravages causés par le SIDA même avec la trithérapie et que paral- lèlement, les autorités laissent se faire de telles pratiques dans un commerce possédant un permis municipal?
Un autre fait très troublant, remarqué sur la page web de la sec- tion montréalaise de ce groupe, est qu’on donne comme ressource locale en santé l’organisme Rézo! Il me semble tout à fait aberrant d’organiser des soirées de transmission de liquides corporels et de mettre comme référence un groupe qui a pour mandat de tout faire pour prévenir la transmission du VIH et des autres MTS. Consulté sur cette question, Rézo a choisi de ne pas répondre. Nous allons demander l’opinion du Ministre de la santé du Québec sur cette affaire et ferons le suivi dans une prochaine édition.

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