
Par: Carle Jasmin
Photo: AP News
Depuis quelques semaines, on annonce qu’un nouveau traitement préventif contre le VIH (PrEP) pourrait offrir une protection proche de 100 %.
Le lenacapavir se distingue des autres médicaments de PrEP par sa capacité à être administré moins fréquemment, grâce à sa formulation longue durée qui peut permettre une injection tous les plusieurs mois au lieu d’une prise quotidienne. Cette particularité répond à un défi majeur : l’adhésion au traitement. En réduisant la charge quotidienne, il facilite la vie des utilisateurs et augmente les chances d’une protection continue. De plus, son mécanisme d’action unique offre une nouvelle voie pour combattre le VIH, même en cas de résistance à certains médicaments classiques, ce qui en fait une option précieuse dans la prévention. Parce qu’avec la PrEP traditionnelle, en cas de contact avec une souche multirésistante du VIH, le traitement préventif pourrait être moins efficace. La PrEP traditionnelle (comme le Truvada ou Descovy) utilise des antirétroviraux ciblant certaines étapes du VIH, mais si la personne est exposée à une souche du VIH qui est résistante à ces médicaments, l’efficacité de la PrEP peut effectivement être réduite. C’est un enjeu réel, même si les cas de transmission par des souches multirésistantes restent rares.
Un des éléments qui risque de nuire à son accès est son coût. Le coût du traitement avec le lenacapavir, commercialisé sous le nom de Yeztugo pour la prévention du VIH, est élevé. Aux États-Unis, le prix de liste est d’environ 28 218 $ US par an, soit environ 14 109 $ US par injection semestrielle . Ce tarif est comparable à celui d’autres traitements de PrEP, comme le Truvada ou le Descovy, qui coûtent environ 24 000 $ US par an sans assurance . Cependant, des études suggèrent que la production générique du lenacapavir pourrait réduire considérablement ce coût. Selon une analyse publiée dans The Lancet HIV, le coût de production pourrait être aussi bas que 25 $ US par an si la demande mondiale atteint 5 à 10 millions de personnes dès la première année .
Par contre, le lenacapavir ne peut servir de traitement curatif contre le VIH parce qu’il agit en inhibant certaines étapes du cycle viral sans éliminer complètement le virus présent dans les cellules infectées. Le VIH se cache dans des réservoirs cellulaires où il reste dormant, ce que le lenacapavir ne peut pas atteindre. Ainsi, même avec ce médicament, le virus persiste dans l’organisme, rendant nécessaire un traitement antirétroviral continu plutôt qu’une guérison définitive. Autrement dit, il est efficace face à une petite quantité de virus en prévention, pas contre une infection bien établie.