Par Carle Jasmin
quelques cheveux blancs et poils de ma
barbe qui trahissent ma maturité, je suis
encore très jeune de mentalité,
d’apparence et de caractère. En visitant ma
page Facebook, on peut voir que je suis
ouvertement gai et j’y ai quelques photos.
On le sait, depuis le début de la pandémie
et du télétravail, les réseaux sociaux sont
remplis de discussions et de débats où les
propos s’enflamment facilement. Je
participe à l’occasion à ces débats ou je
commente pour transmettre une
information, mais depuis quelques mois, je
reçois de plus en plus de commentaires
dégradants, parfois sans la moindre raison.
« OK boomer », « ta yeule le vieux
croulant », « répondez-y pas c’est un vieux,
il va crever bientôt », « hey le fif t’as pas
honte de parler icitte? », « un commentaire
de gay, c’est pas fort », etc. Non seulement
ça n’a jamais rapport avec le sujet de la
discussion, on me passe ces commentaires
uniquement basés sur mon apparence ou
mon orientation. C’est de l’âgisme et de
l’homophobie!
Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau, il
prend seulement de l’ampleur depuis que
les gens travaillent de la maison et ont
accès à leurs réseaux sociaux plus
facilement. Il y a aussi ceux qui n’ont que ça
à faire, car ils sont sans emplois ou en
quarantaine.
Quand cela m’arrive, je signale rapidement
le commentaire à Facebook, mais sauf
pour une seule exception, on ne retire
jamais ces commentaires, on dirait que les
modérateurs de Facebook ne comprennent
pas le sens de plusieurs mots québécois,
eux qui sont probablement à l’étranger.
Comme il s’agit de violations de la Charte
québécoise des droits et libertés, lorsque
c’est possible et que le profil de l’attaquant
semble réel, je fais des captures d’écran de
ce qui a été dit, je tente de localiser la
personne avec Google, soit à son travail ou
à sa résidence et je lui écris pour lui
montrer les captures d’écran et l’informe
que la Commission des droits de la
personne est là pour ça! Généralement,
ces personnes ne répondent pas et ne
commentent plus avec la même haine. Il ne
faut pas se laisser faire!
Pour porter plainte:
https://www.cdpdj.qc.ca/fr