Par: La Presse et Séronet
Le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) a mis au point une technique de détection des rares cellules qui cachent le VIH et résistent aux traitements antirétroviraux, une étape importante dans la recherche d’une cure pour guérir de l’infection.
L’auteur principal d’une étude sur le sujet, le docteur Daniel Kaufmann, explique qu’il est ainsi possible de trouver le virus dormant chez les patients sous trithérapie et de le « réveiller », pour ensuite l’éliminer.
Ces cellules, les « réservoirs du VIH », sont celles dans lesquelles le virus persiste au cours des trithérapies. Les médicaments antirétroviraux réussissent généralement à contrôler la charge virale chez les parents infectés par le VIH, ce qui empêche l’évolution vers le syndrome d’immunodéficience acquise (sida). Mais certains virus restent cachés pendant des années et peuvent se réactiver si les patients cessent leur traitement.
L’équipe du docteur Kaufmann a mis au point une nouvelle technique de détection des réservoirs qui fait, en quelque sorte, la « photo » individuelle de la cellule réservoir. Cette approche est 1000 fois plus précise que les techniques actuelles. Une fois les «cachettes» du VIH trouvées, différents groupes de chercheurs misent sur une technique impliquant de réveiller le virus dormant dans les cellules, de sorte qu’il devient visible pour le système immunitaire ou d’autres médicaments qui pourront l’éliminer. D’un patient à l’autre, le virus se cache dans des cellules similaires à première vue, mais il existe en fait une grande variabilité entre les individus, de sorte qu’il faudra peut-être adapter le traitement pour chaque patient, selon les cachettes précises du VIH, précise le docteur Kaufmann. Avant d’en arriver à un traitement potentiel pour l’humain, les chercheurs prévoient évaluer l’efficacité de nouveaux médicaments à réveiller les réservoirs du virus équivalent du VIH chez le singe. Si les médicaments sont bien tolérés, les essais cliniques pourront débuter dans quelques années.
VIH : comment 1 enfant sur 10 résiste
à l’infection
(Pourquoi Docteur)
Contaminés par le VIH, ces enfants ne présentent aucun signe d’infection. Un cas si exceptionnel qu’ils ont été baptisés: les non-progresseurs. Ce mystère pourrait être mis à profit pour combattre le virus chez le reste de la population. C’est pour le percer qu’une équipe de l’université d’Oxford s’est penchée sur un groupe de 170 jeunes patients. Les résultats publiés dans Science Translational Medicine sont pour le moins surprenants: leur réaction immunitaire face au VIH est plus proche de celle de singes que des êtres humains. Une infection sans progression vers le stade sida est très rare. Seuls 0,3 % des adultes présentent cette particularité. Jusqu’ici, les équipes du monde entier s’étaient concentrées sur ces cas exceptionnels. Elles ont mis en évidence une réponse immunitaire massive qui maîtrise la réplication du VIH et réduit le nombre de copies dans le sang. Ces jeunes malades adoptent la même approche que les primates non-humains infectés par le SIV: la charge virale est très élevée mais l’activité du système immunitaire reste inchangée.