OMS: MALADIE DU CÉLIBAT?

Selon: Martin Leveque / Agoravox

Sommes-nous rentrés dans la Matrice? Celle du célèbre film mettant en scène Keanu Reeves dans un monde qui n’est pas vraiment réel, où les êtres humains ne sont que de vulgaires sources d’énergie au service des machines. La question se pose à la lecture des « directives » de l’OMS qui envoient directement les personnes qui n’ont pas de « partenaire sexuel » dans la catégorie des handicapés. Aussi surprenante que ridicule, l’information place dans la même catégorie les célibataires, les sourds, aveugles, autistes et autres. S’il s’agissait de dire que nous sommes tous pareils et que les personnes en situation de handicap ne doivent pas être discriminées, on pourrait admettre un début d’explication, mais le but de l’OMS est tout autre.

L’Organisation Mondiale de la Santé, non contente de ne pas réussir à mettre un terme définitif à de nombreuses épidémies (chikungunya, Zika, Sida, la liste est presque infinie), prend le temps d’introduire « un droit à se reproduire » en incitant les pays à autoriser un plein accès aux personnes célibataires ou homosexuelles au recours à la fécondation in vitro. Difficile en effet de faire un enfant lorsque l’on n’a pas trouvé de conjoint ou un simple partenaire sexuel pour les moins romantiques. Afin de réparer cette erreur de la nature, l’OMS propose de faire des célibataires des handicapés à part entière. Ils pourront ainsi recourir aux dernières technologies comme c’est déjà le cas pour les couples infertiles.

La voie tracée par l’OMS est pour le moins étrange, surtout envers les homosexuels, qui se battent encore dans des dizaines de pays pour être considérés comme des citoyens de plein droit. Homosexuels, célibataires… tous handicapés.

Ils seront certainement ravis de l’apprendre même si la pilule risque d’être amère à avaler. Pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé s’aventure-t-elle sur un terrain aussi glissant? Mis à part un flot de réactions négatives et une défiance envers cette organisation internationale, rien ne ressort concrètement de cette aventure troublante.

Le sérieux de l’OMS est battu en brèche par une telle prise de position. La polémique est inutile et n’a aucune raison d’être à l’heure où des millions de personnes souffrent de vrais maladies et handicaps qui réduisent leur espérance de vie et déciment des populations entières. L’OMS a assez d’épidémies à traiter pour continuer d’avoir un espace médiatique et ne pas être oubliée de ses soutiens financiers.

Malheureusement, ceci n’est pas la première polémique dans le domaine de la santé publique au niveau mondial. Comme toujours, les démentis et les reculades font moins de bruit que les scandales et peurs qui les ont précédés. L’OMS et le CIRC ont expérimenté ce phénomène bien des fois et il faudrait questionner la rationalité de ces agences dès lors que des enjeux de communication apparaissent.

Il n’est pas question de leur faire endosser le costume de pompier-pyromane, mais cette idée ne viendrait pas à l’esprit si les études et recommandations issues de ces agences ne souffraient d’aucune polémique notable. La rigueur scientifique n’est pas un principe vain et il conviendrait de la respecter un peu plus. Les célibataires et autres handicapés en sauraient gré.

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