Roger-Luc Chayer
Tout d’abord, lorsqu’on parle de drag queens, il est important d’expliquer la distinction avec les travestis et les trans, car dans l’esprit de nombreuses personnes, c’est la même chose. Faux. Une drag queen est un artiste, souvent membre de l’Union des Artistes. On parle souvent d’eux comme des personnificateurs féminins.
Les travestis sont des personnes qui aiment porter des vêtements du sexe opposé au leur dans le quotidien, alors que les personnes trans n’ont rien à voir avec le spectacle, ce sont des personnes qui ont pour objectif, atteint ou pas, de changer médicalement de sexe.
Cela dit, depuis un moment, il se passe un certain imbroglio dans le monde des drag queens avec l’arrivée remarquée de quelques femmes qui tentent de percer dans un domaine artistique traditionnellement réservé aux hommes. Ceci n’est pas sans causer certaines réactions tant chez le public que chez certains personnificateurs. Gay Globe a demandé l’avis de deux personnalités montréalaises connues dans le monde des personnificateurs féminins qui souhaitent garder l’anonymat afin de ne pas nuire à leurs activités professionnelles. «Moi je pense qu’il faut laisser la chance au coureur et laisser ces femmes faire leurs preuves. Cette situation est inusitée mais on ne peut quand même pas empêcher une artiste de travailler sous prétexte qu’elle est une femme. On verra avec le temps l’impact que ça aura sur le public, et si ça ne fonctionne pas, je suis certain que ces artistes se retireront d’elles-mêmes. Pour le moment, il m’arrive de travailler avec une personnificatrice à l’occasion et ça se passe très bien», déclare l’artiste qui cumule plus de 20 ans de spectacles à Montréal.
Quant à notre second artiste, qui en est à ses premières années dans le domaine, il déclare: «Je suis très mal à l’aise avec cette situation car le terme Personnificateur féminin vient de la logique que seuls des hommes peuvent le faire. Comment est-ce qu’une femme pourrait personnifier une femme?».
Le débat est intéressant et il est clair que c’est le résultat économique qui décidera de la suite. Si ça marche et que le public embarque en considérant ces artistes comme des humoristes avant tout, on parlera alors d’une nouvelle formule à succès! À suivre…