Il est irrationnel. Voilà la seule conclusion qui s’offre à moi quand j’écoute Mario Dumont, chef de l’ADQ, qui semble chuter drastiquement dans les sondages depuis l’annonce de l’élection générale du Québec qui doit se tenir le 8 décembre 2008.
Son argumentaire est non seulement irrationnel, il ne trouve aucun justificatif dans les faits. Il répète comme une mémère sénile le discours marketing de l’heure, sans savoir pourquoi et sans pouvoir expliquer les raisons de ce raisonnement, c’est probablement ce qui explique que le peuple québécois ne lui accorde plus sa confiance.
L’opposition systématique : un frein à la démocratie
Deux exemples : Son discours oppositionniste systématique depuis la dernière élection de 2007 et sa logique pour s’opposer au déclenchement des élections en 2008, qui repose sur les coûts d’une élection.
Tout d’abord, tout le monde l’aura remarqué, Mario Dumont est devenu chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. On ne le remarque pas par son titre mais par son comportement voué au blocage systématique de tout ce qui ne vient pas de lui. Être chef de l’opposition ne signifie pas de bloquer systématiquement tout ce qui vient des autres ou de s’opposer aveuglément sur tout ce qui se passe au parlement. C’est d’assurer au peuple québécois une certaine sécurité quant au fonctionnement de l’Assemblée en scrutant ce que fait le gouvernement, en le questionnant et parfois, en apportant les idées nécessaires à la réalisation des avancées pour l’État.
Mario Dumont, en compagnie de son député Proulx, qui semble bouder et s’insurger dès qu’une mouche lui passe devant le nez, ces deux compères s’opposent à tout, bloquent, refusent, disent non à tout ce qui bouge, que cela vienne des libéraux, des péquistes ou de leur ombre. En agissant ainsi, ils démontrent qu’ils ne sont non seulement pas intéressés par le bien-être des Québécois mais que le jeu du pouvoir est bien plus attrayant. Faire fâcher le Premier ministre est bien plus amusant que de se casser les méninges pour trouver des moyens d’améliorer ses idées.
Le peuple québécois a vu ce dont étaient capables Mario Dumont et son boudin pendant 17 mois, imaginez ce qu’il serait capable de faire comme Premier ministre pendant 5 ans ! Un désastre, et les Québécois, qui en sont certainement venus à cette conclusion aussi, ne lui accordent que 14% des intentions de vote, un peu moins que les pires années de l’ADQ.
Le coût des élections : une argumentation creuse
Quant à son envolée sur les coûts d’une élection générale au Québec, Mario Dumont a perdu le peu de crédibilité qui lui restait et, en cela, il a gaffé comme jamais auparavant. Examinons sa logique : selon lui, les Québécois ne veulent pas d’une élection car ça coûte cher, 178 millions selon lui ou presque. Mais cet argument ne tient pas la route.
Primo, si un seul Québécois souhaite une élection, elle devient acceptable. Vous avez vu des manifestations criant au scandale contre cette élection ? Des foules qui crient à la dépense inacceptable pour l’État ? Non ! Personne ne s’en plaint sauf le chef de l’Action Démocratique du Québec.
En démocratie, l’élection est le seul moyen de donner des pouvoirs à l’État, de gérer le gouvernement ou de sonder le public sur ce qu’il souhaite. La plupart des pays de la planète aimeraient bien qu’on déclenche des élections un peu plus souvent, plutôt que de décapiter la tête de leur opposition… Seuls Mario Dumont, et Pauline Marois (du bout des lèvres), dénoncent un tel processus démocratique.
Secundo, l’argument de M. Dumont et de son boudin ne tient pas la route quant aux coûts. Qu’il y ait élection ou pas, le budget du Québec reste le même. Si on devait croire M. Dumont, un Québec qui se passerait d’élections aurait 178 millions à distribuer en plus. Vous avez déjà reçu un chèque du gouvernement pour redistribuer les coûts d’une élection qui ne se tient pas ? Vous avez déjà vu un budget du Québec augmenter les impôts pour financer une élection ? Jamais. De toute l’histoire du Québec, de Louis XIV à Jean Charest, un budget n’a été modifié par la faute d’une élection.
Mario Dumont a définitivement voulu faire dans la peur et exploiter l’angoisse du peuple en ces périodes difficiles économiquement pour certains. S’il parvenait à rembourser les Québécois des coûts liés aux gains économiques d’élections non tenues au Québec, je voterais pour lui demain matin. Je ne suis pas naïf, croyez-moi, tout cela n’est que de la rhétorique insipide et purement politicienne… Et il est comptable en plus, comme quoi toutes les écoles n’enseignent pas les mêmes méthodes…
Une position rétrograde sur les droits LGBT
Enfin, Mario Dumont et l’Action Démocratique du Québec sont de toujours anti-homosexuels. Personne ne leur demande de donner plus de pouvoir aux gais qu’au reste de la société, mais quand il s’agit d’accorder une entrevue à un média gai ou de prendre position dans un sujet qui concerne les gais comme le SIDA, jamais vous ne verrez l’ADQ en parler ou aider la cause. Jamais ! Never !
Il n’y en a que pour la famille traditionnelle. Or, 60% des Québécois sont célibataires en 2008. La famille ? Laquelle ? La reconstituée avec les beaux-pères et les tantes de la fesse gauche ? Si c’est le modèle que propose l’ADQ sous Mario Dumont, on peut certainement se passer de sa famille.
N’oublions pas que même les députés de l’ADQ de M. Dumont s’opposent à ses méthodes, comme le prouvent les deux récentes démissions. Allez voter…
Roger-Luc Chayer