Les alliances gai-hétéro vont changer les relations écoles-parents

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Le temps presse maintenant que le projet de loi 24, « Support Gay-Straight Alliances », a été adopté à l’Assemblée législative albertaine. Selon les prévisions du gouvernement néo-démocrate, il ne reste plus que la sanction royale. Après cette étape, les autorités scolaires devront élaborer des politiques conformes aux exigences de la nouvelle loi, et ce, au plus tard le 1er avril. Ces politiques devront être publiées au plus tard le 30 juin 2018. Comme parent, je me sens concerné au plus haut point. Je veux commencer par bien comprendre les changements auxquels on peut s’attendre dans les relations entre les parents et les écoles que fréquentent leurs enfants.

Un texte de Jean-Marie Yambayamba

Je me suis adressé au ministère de l’Éducation qui sera responsable de faire appliquer la nouvelle loi. Le ministre David Eggen a laissé à son attachée de presse, Lindsay Harvey, le soin de répondre à mes questions. Il m’a néanmoins fait parvenir la déclaration suivante :

Notre priorité numéro un est de faire en sorte que toutes les écoles à travers la province soient sécuritaires et accueillantes aux élèves, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité sexuelle ou l’expression de leur genre. Lorsque la loi de notre gouvernement sera promulguée, c’est seulement cela que nous voulons assurer. Nous savons que les GSA sauvent des vies et c’est pour cette raison que notre gouvernement a décidé d’avoir cette législation

Ministre David Eggen
Jean-Marie: Est-ce que le projet de loi 24 change les relations entre l’école et les parents?LindsayHarvey: Ce projet de loi empêchera d’identifier publiquement tout élève. La suggestion de Jason Kenney selon laquelle les écoles devraient pouvoir dévoiler les élèves LGBTQ est dangereuse et c’est pour cette raison que nous indiquons clairement que les écoles ne peuvent pas dévoiler, sans motif ni consentement de sa part, l’identité d’un élève qui se joint à une alliance gai-hétéro (GSA), à une alliance queer-hétéro (QSA) ou aux deux (GSA/QSA). Le projet de loi fera aussi en sorte que toute école qui reçoit un financement public en Alberta se dote d’une politique qui autorise explicitement les étudiants à former une alliance gai-hétéro, une alliance queer-hétéro ou l’une et l’autre.

Jean-Marie: Ce projet de loi limite-t-il ce qu’une école peut dire aux parents?

Lindsay Harvey: Nous reconnaissons que les parents albertains aiment et appuient leurs enfants et qu’ils jouent un rôle critique dans la vie et l’éducation de leurs enfants. Mais nous savons aussi que les élèves se sentent en sécurité et à l’aise d’aborder ces enjeux avec leurs pairs. Ce projet de loi indiquera clairement que la vie privée des élèves doit être protégée. Il n’empêchera pas les élèves d’avoir des conversations avec leurs parents, mais il met en évidence qu’aucun politicien ne devrait dévoiler les enfants gais.

Jean-Marie: La loi autorise les parents à donner leur avis sur les programmes éducatifs qui abordent en priorité et explicitement la religion et la sexualité humaine. Pourquoi exclure d’une telle politique des activités comme les alliances gai-hétéro?

Lindsay Harvey: L’amendement à la section 50.1 de la Loi scolaire clarifie que ces exigences de notification aux parents ne s’appliquent pas à la participation des élèves à des clubs, incluant les GSA, les QSA, les GSA/QSA, dirigés par un enseignant ou un agent de liaison ou une personne nommée par le ministère lorsqu’un directeur est incapable d’assigner un enseignant à un club. Les leçons de santé et bien-être sont enseignées dans les classes et non pas dans les GSA. Nous savons que les GSA et les QSA sont des clubs d’appui entre pairs et sont des associations volontaires des élèves.

Les notifications aux parents demeurent pour les cours d’étude, les programmes éducatifs, le matériel éducatif, l’instruction ou les exercices qui incluent des matières qui traitent principalement et explicitement de la religion ou de la sexualité humaine.

Le projet de loi 24 modifiera par ailleurs la section 16.1 de la Loi scolaire pour spécifier que le directeur d’école est responsable d’assurer que la notification, s’il y en a une, concernant une organisation ou une activité volontaire des élèves, est limitée à la mise en place de cette organisation ou la tenue de cette activité.

Jean-Marie: La Loi sur l’éducation encourage la coopération entre l’école et la communauté qu’elle sert. Est-ce que les GSA et QSA ne doivent pas faire partie des sujets d’échanges d’une école avec sa communauté, et spécialement les parents de ses élèves?

Lindsay Harvey: Chaque autorité scolaire est unique en son genre et les autorités scolaires ont la responsabilité et la flexibilité de discuter avec leurs communautés, si elles le jugent nécessaire, pour répondre aux besoins des élèves qu’ils forment. Nous louons les autorités scolaires pour le grand travail qu’elles accomplissent pour garantir le respect des droits des élèves albertains. Ces amendements visent à renforcer les mesures qui sont déjà en place dans les écoles à travers la province.

Jean-Marie: Que répond le ministère de l’Éducation de l’Alberta aux parents qui craignent d’être laissés dans le noir au sujet de l’évolution sexuelle de leurs enfants? Certains ont en effet l’impression que l’école ne leur dira rien de ce que leurs enfants font pour explorer et développer leur identité sexuelle.

Lindsay Harvey: Notre gouvernement reconnaît que les parents et les familles sont l’appui le plus important qu’ont les enfants. Nous savons que les parents aiment leurs enfants, qu’ils les appuient et qu’ils jouent un rôle-clé dans leur éducation. La sécurité des élèves est une priorité de premier plan. Cette législation dit clairement que la vie privée des élèves doit être protégée. Elle n’empêche pas les élèves de parler avec leurs parents et ne met pas les enfants en danger. Le pouvoir de dévoiler l’information personnelle en vertu de la loi sur la vie privée continuera de s’appliquer dans les conditions où il est requis pour sécuriser les élèves. Cette législation indique clairement que les écoles ne doivent pas dévoiler l’identité des membres des GSA ou QSA par routine dans sa considération attentive aux meilleurs intérêts des élèves.

Au prochain carnet:Comment des conseils scolaires et des parents se préparent-ils à appliquer les changements qui viennent d’être expliqués?

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