SATIRE ET MOUVEMENT POLITIQUE

Daniel DeMontigny

Depuis l’élection présidentielle de Trump, les extrêmes de la
gauche et de la droite ont pris beaucoup plus de place sur les réseaux
sociaux, et plus particulièrement sur Youtube, où un grand
nombre de canaux sont apparus rapportant les agissements et les
propos des parties adverses. Certains de ces podcasts ou balados
sont produits en studio, mais d’autres se présentent sous forme
d’entrevues spontanées filmées sur le terrain lors de manifestations,
sur les campus universitaires et dans la rue. Un intervieweur
conservateur pose des questions, plutôt des provocations sous
forme de questions aux manifestants de gauche pour inciter une
réaction. L’attitude est agressive et les questions sont souvent sans
fondement, mais les réponses données et les réactions émotives
qu’elles suscitent exposent le ridicule des propos mal informés et
la fragilité de la partie adverse.
Par contre, ces baladodiffuseurs ne sont pas tous égaux. Certains
parviennent, sans agressivité et avec une attitude plus ludique,
accompagnés de faits, à faire parler des manifestants. Ces manifestations,
que ce soit pour l’égalité des femmes, des droits LGBT,
de la lutte anti-raciste ou anti-islamophobe, pour ne nommer que
quelques causes, se confondent l’une dans l’autre pour les manifestants.
Ultimement, toutes ces causes convergent vers un point
commun: Trump! La majorité des messages sur pancartes, et les
commentaires des manifestants, le tiennent responsable de tous
les maux sociétaux. À preuve, lors d’une manif récente du groupe
PETA à Hollywood, groupe qui défend le traitement éthique des
animaux, un baladodiffuseur sur Youtube, Fleccas Talks, interroge
plusieurs manifestants et les réponses sont dignes d’une satire. Bilan:
Trump est responsable de l’abus des animaux en Amérique et
comme preuve, un individu invoque le fait que le président n’a pas de chien! Ces entrevues spontanées sont très addictives. D’une
part, le logarithme de Youtube facilite l’accès à ces vidéos, car,
n’en visionnant qu’une seule, Youtube vous en proposera de plus
en plus, et d’autre part, les réponses verbales et psychologiques
données aux questions sont satiriques et très drôles. Diminuer un
argument jusqu’à le faire paraître ridicule, exagérer une situation
réelle à un point tel qu’elle devient ridicule ou juxtaposer des questions
d’importance inégale au point de diminuer l’importance de
l’ensemble relèvent de la satire. Il suffit de regarder une dizaine
de ces vidéos pour comprendre que le mouvement politique de
gauche, centré sur une soi-disant «culture de la victime», est une
satire d’un mouvement politique. Les faits n’existent plus ou, du
moins, sont morcelés, exagérés, pour s’ajuster à la cause. La juxtaposition
des différentes causes et revendications se confondent,
s’opposent même. Le ridicule s’impose, mais le ridicule ne semble
pas les affecter pour autant, sauf quand ils sont présentés avec
des faits lorsqu’interrogés individuellement. Et là, la tragi-comédie
s’installe pour notre plus grand bonheur.
Regarder ces vidéos procure des heures de plaisir, mais il serait
naïf de croire que ce n’est que de la comédie. Les narratifs et
exigences de ces gens présumés victimes se reflètent dans les
médias, sont reconnus comme étant des faits, influençant les instances
gouvernementales, s’infiltrant dans nos institutions, nos lois
et même notre biologie: l’État de New York, sous la pression de
groupes féministes, aurait adopté une loi autorisant l’avortement
jusqu’au moment précédant celui de la naissance. Mais la satire se
poursuit. Sur les tribunes médiatiques, la discussion porte maintenant
sur le protocole requis pour avorter un enfant qui aurait déjà
été mis au monde! On ne rigole plus.

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