Maître Claude Chamberland
Récemment, le Barreau du Québec demandait l’aide bénévole des avocats pour des consultations gratuites de 15 minutes offertes aux personnes qui pouvaient avoir des questions sur le COVID19. Maître Claude Chamberland a répondu à l’appel et s’est rendu disponible pour les partenaires, annonceurs et lecteurs de Gay Globe de même que pour le public en général. Voici une question qui pourrait intéresser les lecteurs:
« Bonjour Maître Chamberland, j’ai une question assez pertinente. Ma fille va accoucher dans 2-3 semaines et elle a appris qu’elle ne pourrait pas avoir sa mère (moi) à cause de ce fameux virus. Que puis-je faire? Merci à l’avance. » – RD
Il est clair que les plans de plusieurs femmes enceintes sont remis en question. Par exemple, celles qui voulaient accoucher à la maison ne le pourront pas. L’Ordre des sages-femmes a décidé de suspendre ces engagements indéfiniment. Au Québec, un seul accompagnateur est maintenant autorisé à assister à l’accouchement, et seulement s’il n’a pas voyagé durant les 14 dernières journées. Il faut donc que vous vous mettiez d’accord avec le père et avec votre fille sur la personne qui pourra l’accompagner à l’accouchement. Encore là, certains hôpitaux autorisent la présence d’une personne significative et d’autres pas, ce qui signifie que dans certains hôpitaux, même le père pourrait être exclu.
Cependant, le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal autoriseraient semble-t-il la présence du père ou d’un accompagnateur significatif. (Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1677093/coronavirus-covidaccouchement-maison-sage-femme )
Si vous ou votre fille avez à en débattre avec les autorités de l’hôpital dans les prochains jours, vous pouvez les rassurer en leur mentionnant que vous avez respecté scrupuleusement les directives du Gouvernement du Québec en évitant les possibilités de contact avec le coronavirus COVID-19. Vous pouvez également leur rappeler qu’il est démontré que la présence continue d’une accompagnante à la naissance permet de réduire de 50% le taux de césariennes, de 25% la durée du travail, de 40% l’utilisation d’ocytociques et de 30% celle des forceps. Mais en ces temps difficiles ou l’accès aux tribunaux est réduit aux cas d’urgence, les moyens classiques de recours des tribunaux sont limités aux cas les plus urgents. Ainsi, le recours à une injonction est peut-être possible en alléguant l’urgence, mais rien n’en garantirait le résultat.
Finalement, je vous invite à réfléchir à ce qui suit: Qu’arriverait-il au bébé si l’accompagnateur est un «porteur silencieux» (asymptomatique) du COVID-19 et que le virus lui était transmis? Une étude chinoise publiée dans Translational Pediatrics rapporte que sur un petit groupe de 10 nouveau-nés infectés par le coronavirus, cinq nouveau-nés ont été guéris et ont reçu leur congé, un est mort et quatre nouveau-nés demeuraient à l’hôpital dans un état stable (au moment de l’étude).
L’étude conclut donc que l’infection au coronavirus peut avoir des effets néfastes sur les nouveau-nés, causant des problèmes tels que la détresse foetale et respiratoire, le travail prématuré chez la mère et le décès du foetus. Cependant, l’étude comporte des limitations importantes (comme la plupart des études actuelles sur le COVID-19) du fait de la petitesse de l’échantillonnage et du manque de données pour arriver à des conclusions.