ALLEZ, ON RECOMMENCE À NEUF?

Roger-Luc Chayer

Dans l’état actuel du Village gai de Montréal, avec le confinement engendré par la COVID-19, est-ce qu’il serait pertinent de se questionner sur la possibilité de rouvrir le Village avec de nouveaux objectifs, pour lui redonner vie en ne tolérant plus que les troubles sociaux en définissent son seuil de tolérance collectif?

Qui ne se souvient pas de l’état social du Village avant la crise du nouveau Coronavirus, de ses prostitué-e-s, drogués, itinérants et autres cas sociaux lourds qui suscitaient la gronde depuis des années tant de la part de la population que des commerçants? Depuis l’annonce du confinement général le 13 mars et la fermeture obligatoire de tous les commerces, sauf ceux jugés essentiels, le visage du Village s’est transformé dramatiquement pour ne montrer maintenant que ce que l’on tentait tant de cacher avant. Qu’on se promène sur la rue Ste-Catherine Est, sur Ontario Est, près de la Place Dupuis ou sur Atateken, les seules personnes à peu près présentes sont les victimes sociales de la société d’avant qui n’avait ni les moyens, ni la volonté de régler ce problème persistant depuis plus de 20 ans. N’oublions pas que l’origine de cette situation est la décriminalisation imposée à l’époque par la Ville de Montréal!

Et pourquoi est-ce qu’on ne profiterait pas de l’occasion offerte par la crise pour recommencer à neuf et prendre possession de notre capitale collective comme LGBT en mettant enfin le poing sur la table et en disant tant à Valérie Plante, qu’à la députée provinciale Manon Massée et au député fédéral Steven Guilbeault que le Village ne rouvrira qu’à nos propres conditions, et ces conditions devraient forcer nos dirigeants à prendre les moyens nécessaires, une fois pour toutes, pour redonner aux communautés LGBT un lieu qui leur ressemble. Ce n’est pas une question tout à fait farfelue que je pose ici. Quand aurons-nous une telle occasion à nouveau de pouvoir repartir à neuf? Si on a été capable comme société d’avoir un consensus sur l’hébergement des sans abris pendant la COVID, pour les nourrir et leur apporter l’aide médicale et sociale nécessaire pendant la crise, et que ce programme pourrait devenir permanent, à condition de déclarer le Village «zone de renouveau» et d’interdire dorénavant l’occupation par ces cas sociaux, en interdisant aussi les discours politiques d’avant? Et pourquoi pas? Parce qu’avant de remettre de l’argent dans les commerces et le périmètre, est-ce qu’on a le droit de savoir si les élus nous abandonneront à nouveau? Je dis oui au renouveau, mais à NOS conditions!

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