Floriane Valdayron et Pourquoidocteur.fr
Des chercheurs issus de l’université de Pennsylvanie et de l’hôpital pour enfants de Philadelphie ont mis au point un nouveau modèle de laboratoire à partir de trois types de cellules du cerveau. Objectif : observer l’influence du VIH et du traitement antirétroviral sur chacune d’entre elles pour déterminer l’origine des troubles neurocognitifs associés à la maladie.
La moitié des personnes atteintes du VIH (virus de l’immunodéficience humaine) souffrent de troubles neurocognitifs associés à la maladie. Il peut s’agir d’oublis, de confusion, de changements de comportement, ou encore de déficiences motrices. Pour déterminer l’origine de ces troubles, des chercheurs issus de l’université de Pennsylvanie (États-Unis) et de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie se sont intéressés de près à l’influence du VIH et du traitement antirétroviral — utilisé contre la maladie — sur le cerveau. Leurs résultats ont été présentés dans une étude publiée dans la revue scientifique Cell Stem Cell. La spécificité de ce modèle ? Chaque type de cellule est produit indépendamment puis mélangé avec les autres afin que les chercheurs puissent prouver comment le VIH et le traitement antirétroviral impactent les cellules, individuellement et ensemble.
Avec le médicament EFZ, utilisé par plusieurs pays dans le traitement antirétroviral, l’activité de la plupart des voies inflammatoires impliquées dans le VIH a été réduite. “Le traitement par EFZ des tri-cultures qui comprenaient les cellules de la microglie infectées par le VIH diminue l’inflammation d’environ 70%”, développe Sean Ryan, doctorant à l’université de Pennsylvanie, dans un communiqué publié sur le site de l’établissement. Par ailleurs, l’EFZ a déclenché une inflammation, mais dans une mesure moindre que l’infection.
Il semble que la combinaison de l’infection et du traitement antirétroviral crée sa propre réponse, qui est différente de la somme de ses parties. Connaître quelles voies sont toujours actives en raison du traitement antirétroviral pourrait nous aider à cibler de manière appropriée des thérapies supplémentaires afin que les patients ne développent pas de troubles neurocognitifs associés au VIH.” En se concentrant uniquement sur la microglie, les chercheurs se sont aperçus que les cellules jouent leurs rôles classiques : garder les systèmes de signalisation équilibrés pendant leur état normal, ainsi que les activer et les endommager lorsqu’ils combattent l’infection. À partir du modèle développé avec son équipe, Kelly Jordan-Sciutto, professeure à l’université de Pennsylvanie, compte désormais étudier la manière dont le VIH navigue à travers la barrière hémato-encéphalique, qui protège normalement le système nerveux central des inflammations et infections.