COVID: Le masque m’a libéré

Carle Jasmin

Pour de très nombreuses personnes, le port du masque obligatoire a suscité beaucoup de résistance et d’angoisse. Difficultés à respirer, hyperventilation, claustrophobie, peur des infections bactériennes, toutes les raisons sont bonnes pour tenter de se soustraire à cette obligation résultant d’une ordonnance de la Santé publique du Québec. Pourtant, alors que d’autres en souffrent, pour moi, le masque a été une délivrance, une première occasion depuis des années de me défaire d’un trouble que j’ai toujours gardé secret, mais qui m’empoisonne l’existence depuis le début de ma vie adulte, la phobie sociale. Qu’est-ce que le trouble de la phobie sociale? 

Selon le site du gouvernement du Québec: « L’anxiété sociale fait partie de la grande famille des troubles anxieux. L’anxiété sociale touche environ 7 % de la population.  Tout le monde a déjà eu peur de quelque chose. C’est normal, car la peur est un mécanisme de défense qui a pour but d’assurer la survie de l’espèce. 

Ces peurs sont généralement passagères et peu intenses. Elles n’empêchent pas la personne de fonctionner normalement. Chez les personnes qui ont une anxiété sociale, ces peurs deviennent toutefois excessives, persistantes et envahissantes. La personne affectée peut paniquer et tenter d’éviter les situations ou les conditions qui lui rappellent l’objet de sa peur. L’anxiété sociale est une peur associée à certaines activités sociales ou à des situations de performance où la personne pourrait se sentir observée, embarrassée, humiliée, rejetée ou préoccupée par le jugement des autres. La peur de parler en public ou dans une réunion et la peur de manger en public sont des exemples de l’anxiété sociale. »

Les traitements sont compliqués, médicaments qui fonctionnent plus ou moins bien selon les circonstances ou thérapies qui durent des années avec d’excellents résultats pour le salaire des psys, mais peu de résultats pour les patients.

Dans mon cas, cette maladie se présente comme une crainte continuelle de faire quelque chose qui me ferait remarquer, d’avoir un malaise en public ou d’avoir l’appétit coupé au restaurant par la nausée de cette nervosité constante. À ma plus grande surprise, le port du masque obligatoire a suscité chez moi un grand sentiment de confort en public, et ça dure depuis des semaines.

Je ne comprends pas vraiment par quel mécanisme ça peut s’expliquer, mais dans mon cas, quand je mets le masque, je ressens comme une sorte de libération physique, je respire mieux car je ne ressens aucune anxiété, je retrouve mon sens de l’humour en public et je profite vraiment bien de mes sorties publiques. Je n’ai pas recommencé à manger dans les restos, mais je n’aimais déjà pas cela avant…

Depuis plus de 30 ans, je combattais les effets d’une maladie que les thérapies et les médicaments n’arrivaient jamais à contrôler, alors je gérais ma vie selon certaines obligations, comme aller faire l’épicerie ou faire des achats en public. Aujourd’hui, ce masque obligatoire a été ma libération, un miracle pour moi. Peut-être que les médecins pourraient expliquer cela mieux que moi, mais malgré la COVID et tous les troubles qu’elle cause à la société en général, j’ai n’ai presque pas hâte de devoir enlever mon masque un jour, je me sens trop bien!

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