
Roger-Luc Chayer (Image : IA / Gay Globe)
Mars 2020, alerte générale mondiale et crise sanitaire internationale. Un nouveau virus faisait son apparition et se propageait à vitesse grand V. On a fermé des entreprises, des pays entiers et confiné les gens à domicile, non pas pour les contrôler — laissons de côté les conspirationnistes de tous acabits — mais bien pour freiner la propagation du virus afin de préserver, autant que possible, les systèmes médicaux et hospitaliers et, du même coup, les économies mondiales, le temps de trouver un vaccin.
En décembre 2020, sont arrivés les premiers vaccins et les premières campagnes de vaccination, apportant un peu de répit face à ce virus qui a causé des millions de décès à travers le monde, dans des proportions comparables à celles de la grippe espagnole du début du XXe siècle.
Ce que nous ne savions pas, par contre, c’est qu’il ne s’agissait pas seulement d’un vaccin à ARN messager contre la COVID-19, mais aussi d’une technologie qui allait, avec le temps, contribuer au développement de traitements médicaux pour plusieurs autres problèmes de santé, y compris parmi les plus graves.
L’ARN messager : une plateforme médicale en pleine expansion
L’ARN messager (ARNm) n’est pas utilisé aujourd’hui comme un “traitement universel” déjà validé pour de nombreuses maladies, mais comme une plateforme technologique médicale qui a été accélérée par les vaccins contre la COVID-19 et qui est maintenant explorée dans plusieurs directions médicales.
Les domaines les plus avancés et les plus étudiés sont d’abord les cancers. On parle surtout de vaccins thérapeutiques à ARNm, conçus pour apprendre au système immunitaire à reconnaître et attaquer des cellules tumorales. Des essais cliniques sont en cours ou avancés pour le mélanome, le cancer du pancréas, du poumon, du sein, du rein et certaines formes de cancers liés aux virus.
Dans certains cas, ces approches sont testées en complément des immunothérapies déjà existantes afin de réduire les risques de récidive.
Un autre grand champ concerne les maladies infectieuses. L’ARNm est utilisé pour développer de nouveaux vaccins ou améliorer des vaccins existants contre la grippe saisonnière, le virus respiratoire syncytial (VRS), le cytomégalovirus, le virus Epstein-Barr, l’hépatite B, le VIH, et même certaines infections parasitaires comme le paludisme. L’intérêt ici est la rapidité de conception et l’adaptation aux variants.
Il existe aussi des recherches plus exploratoires en maladies rares et maladies génétiques. L’idée n’est pas encore de “traiter” ces maladies de façon standard, mais de livrer temporairement des protéines manquantes ou déficientes dans certains troubles métaboliques ou génétiques. Ces approches sont encore largement expérimentales.
Un axe plus récent touche certaines maladies inflammatoires et auto-immunes, où l’on cherche à utiliser l’ARNm pour moduler la réponse immunitaire, mais cela reste au stade préclinique ou de premiers essais.
La recherche médicale a beaucoup évolué grâce aux travaux sur la technologie de l’ARN messager, et on peut dire que les choses avancent rapidement, les résultats se faisant connaître chaque mois. Dans un sens, et malgré les catastrophes causées par la COVID-19, si le virus ne s’était pas manifesté, nous ne serions probablement pas là où nous en sommes aujourd’hui dans le domaine médical.
Devons-nous nous en réjouir? Laissez votre opinion dans les commentaires au bas de cette page.
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