Édito #102 André ARTHUR

Par Roger-Luc Chayer

Comme vous le savez déjà, Gay Globe Magazine a décidé de consacrer ses couvertures à des personnalités qui se sont démarquées positivement ou négativement face à la question homosexuelle.

Cette édition est donc consacrée à un géant médiatique, André Arthur, considéré comme le Roi de la radio à Québec pendant plus de 30 ans et qui a fait un virage télé en 2009 à TQS. J’ai collaboré avec André Arthur sur de nombreux sujets, tant à la radio que dans le cadre de chroniques régulières à TQS (Le Midi avec André Arthur) et, souvent, au sein même de la communauté gaie, on me disait qu’André Arthur était un homophobe connu, qu’il n’aimait pas les gais, qu’il traitait de cette question toujours avec mépris et questionnait même les droits fondamentaux des personnes issues de cette communauté «différente».

Pour avoir collaboré avec lui pendant plus de 20 ans, sur  la question des saunas gais, des parades de la fierté gaie, des CHSLD qui interdisaient les couples gais, sur l’homophobie et de très nombreux autres sujets, JAMAIS je n’ai été témoin du moindre début d’intolérance chez lui qui s’est plutôt servi de ses micros pour poser les vraies questions, crûment et sans complaisance, toujours avec l’objectif de faire sortir les vraies réponses et d’éviter la langue de bois, son ennemie jurée. Voilà probablement ce qui lui aura valu le titre de pseudo «homophobe», car allergique à la rhétorique de la survictimisation souvent employée par certaines associations gaies pour obtenir des avantages, il savait à quoi s’attendre et se ne privait pas pour démontrer son désaccord non pas face aux personnes homosexuelles mais bien à certains discours.

Quand André Arthur m’a demandé de contribuer régulièrement à son émission à TQS, c’est à un journaliste ouvertement gai qu’il a demandé de s’occuper de la chronique Mourial.

En me permettant donc d’agir ouvertement comme journaliste et éditeur de magazine homo auprès de lui pendant 20 ans, André Arthur a fait bien plus pour les gais que la plupart des autres journalistes québécois. Il n’a pas besoin de feux d’artifices ou de grands éclats pour faire avancer une cause. Mettre un micro en face d’un homme en qui il a confiance et le traiter en égal, voilà comment André Arthur fait avancer une cause. Et à ce titre, nous lui consacrons une couverture historique bien méritée.

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