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La dissipation du tabou de l’homosexualité en Afrique résonne comme un slogan bien loin du continent. A l’avant-gardiste rendez-vous européen des Trans Musicales deRennes Search Rennes il explose pour sa 39ème édition, sensation d’être envisagé autrement entre proposition artistique et réflexion sonore.
Les sud-africainNakhane Search Nakhane et le français d’origine camerounaise Kiddy Smile, tous deux à l’affiche du prestigieux festival ouvert depuis mercredi dans la capitale bretonne (Ouest de la France, ndlr), le maltraitent à leurs singulières façons, fondamentalement militantes certes, pointilleusement politique en mode pop étincelante et profonde pour l’un, haute en couleur délirante DJ pour l’autre.
« En tant que personne politiquement éveillée, le christianisme n’a pas de sens », premier missile lumière lancé par l’étoile de Port-Elizabeth qui brille à l' »Air libre » de St Jacques (Théatre de St Jacques de la Landes, ndlr), Nakhane, élevé au biberon des évangiles, à l’endroit des distorsions de ces églises africaines qui, les premières, s’activent à socialement imposer la règle de confusion du crime et de l’homosexualité jusqu’à l’horizon indépassable du strict genre.
L’extravagant Kiddy Smile, bousculant jusqu’à tourner le clip de son morceau « Let A Bitch Know » dans une cité dite «HLM» d’une banlieue française, milieu généralement très hostile à l’homosexualité, rappelle pour sa part les préjugés et les théories refrains de son pays d’origine. « En Afrique, la notion de LGBT, c’est un truc de blanc, d’ailleurs il y a une théorie horrible qui dit que l’homosexualité est un complot de l’homme blanc pour empêcher les populations africaines de se reproduire. » explique t’il dans les colonnes d’un média français (society, ndlr).
Ces deux comètes du rendez-vous cosmique rennais parfument par ailleurs son africanité palpitante. En témoigne l’enthousiasme de Jean-Louis Brossard, père et directeur artistique du festival. Dès l’ouverture il dédiait l’édition qui met également à l’affiche l’illustre Sierra Léonais Janka Nabay, le « roi du bubu » (bubu music, ndlr), à l’artisan du succès mondial du groupe malien Amadou et Mariam, le français Marc Antoine Moreau, récemment disparu.
Il suffit parfois d’impulsions volontaristes à l’image de ce rendez vous underground pour faire bouger les lignes et si l’homosexualité africaine s’oblige localement à la discrétion sous divers degrés en fonction des pays et des sentences, sous d’autres cieux, son silence résonne et fait vibrer les foules jusqu’en Bretagne, terre d’ouverture et de légende en tout genre.