CES GRANDS HOMOS DU PASSÉ

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Zénon de Kition, né à Kition, actuelle Larnaca, dans l’île de Chypre,
est un philosophe grec d’origine phénicienne, fondateur en -301 du
stoïcisme, l’école du Portique, et mort en -262. Sa doctrine eut ceci
de nouveau qu’elle joignit deux traditions jusqu’alors séparées,
à savoir la théorie de la sagesse et la physique: Zénon tenta de
concilier les thèses naturalistes de certains Académiciens successeurs
de Platon avec la théorie cynique de la sagesse, et posa
ainsi les bases d’un système matérialiste, moniste et déterministe
dont le rayonnement fut considérable.
Il montra dès son enfance du goût pour la philosophie, et son père
lui acheta, au cours de ses voyages d’affaires, de nombreux traités
socratiques. À l’occasion d’une traversée entreprise pour exporter
de la pourpre phénicienne, Zénon fit naufrage à Athènes — à l’âge
de 22 ans selon Persaios, autrement dit en -312 —, et tint cet événement
pour un signe du destin. Il resta à Athènes et, sans tarder,
devint l’élève du Cynique Cratès de Thèbes.
Zénon devint rapidement très populaire, et pas seulement dans
sa patrie. Sa cité d’élection, Athènes, lui rendit par deux fois des
honneurs publics, bien que le philosophe refusât d’acquérir la citoyenneté
athénienne et tînt à être désigné comme natif de Kition:
de son vivant, il reçut des Athéniens les clefs de leurs murailles et
probablement aussi, à la même occasion, une couronne d’or, sinon
une première statue de bronze; à titre posthume, un décret promulgué
en -262 lui fit élever une statue de bronze.
Le philosophe est décrit comme un homme frêle, longiligne et basané.
Il avait la tête inclinée par suite d’une contraction du cou,
détail qui n’aurait guère d’intérêt si ce défaut n’avait été aussi celui
d’Alexandre le Grand, dont l’air penché fut immortalisé par le sculpteur
Lysippe et fréquemment imité par les amis, les flatteurs ou les
successeurs du conquérant. Zénon menait une vie généralement
austère, voire ascétique. Très endurant, il ne portait, par tous les
temps, qu’un mauvais manteau usé (le tribôn) — uniforme, pour
ainsi dire, du philosophe cynique depuis Antisthène et Diogène.
Sa sobriété semble avoir touché à la parcimonie. Il préférait éviter
la foule, parlait peu, mais savait, s’il le fallait, se montrer aimable
et facile à vivre. Son idéal de modération et sa frugalité coutumière
ne l’empêchaient pas, à l’occasion, de se donner du bon temps et
de s’offrir de menus plaisirs dans les limites de la convenance. Les
figues vertes et les bains de soleil faisaient ses délices. Il recourait
parfois à l’amour servile ou vénal, qu’il pratiquait d’ordinaire avec
de jeunes garçons, exceptionnellement (à la seule fin de ne point
passer pour misogyne) avec des servantes.
En 262 av. J.-C., au terme d’une longue vie durant laquelle il ne
connut pas la maladie si l’on en croit Diogène Laërce, en revenant
d’une discussion dans son École, il tomba et se brisa le doigt ou
le gros orteil: il en conclut que son heure était venue, s’écria « Je
viens. Pourquoi m’appelles-tu? » (vers de Niobé, non pas la tragédie
perdue d’Eschyle, mais le nom de Timothée de Milet), et mourut
subitement « après avoir retenu sa respiration », typique suicide
cynique illustré par Diogène selon le témoignage d’Antisthène et
sans doute aussi par Métroclès, le frère d’Hipparchia et donc le
«beau-frère » de Cratès, le maître tant aimé.
Zénon fut enterré aux frais de l’État dans le cimetière du Céramique
et Athènes lui érigea une statue, comme il a été dit plus haut.

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