CES GRANDS HOMOS DU PASSÉ

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Abû Nuwâs, né entre 747 et 762 à Ahvaz (Iran actuel) et décédé vers 815 à Bagdad (Irak), est un poète arabe.

Abû Nuwâs est le plus brillant représentant de ce courant poétique des VIIIe-IXe siècles, initié par Bashâr Ibn Burd, qui chercha à s’écarter des codes et des thèmes de la poésie ancienne, d’inspiration bédouine, en mettant en avant une poésie d’amour, bachique et érotique, inspirée de la vie citadine. Considéré en son temps comme l’un des plus grands poètes arabes, il est encore aujourd’hui très apprécié dans les pays de langue arabe. Il composa également dans d’autres genres, notamment des pièces de poésie ascétique (zuhdiyya), ou encore des panégyriques (madîh) adressés à ses patrons. On lui attribue par ailleurs la paternité du genre des tardiyyât (scènes de chasse).

Abû Nuwâs était encore un jeune garçon quand sa mère le vendit à un épicier de Basra, Al-Sa’ad Yashira. Puis il se rendit à Kufa, où il reçut l’essentiel de sa formation auprès de quelques-uns des plus éminents philologues de l’époque. Il vécut apparemment dans des conditions déplorables avant de devenir le protégé des poètes Wâliba Ibn al-Hubâb et Khalaf al-Ahmar. Wâliba, son premier maître, dont il fut non seulement le disciple mais aussi le giton, l’initia à la poésie et au libertinage, et ils fréquentèrent ensemble le groupe des libertins de Kufa (Mujjân al-Kûfa).

La tradition rapporte que Khalaf lui aurait imposé de ne composer aucun vers avant d’avoir appris par cœur des milliers de vers de la poésie ancienne. Abû Nuwâs les apprit et voulut composer de la poésie, mais Khalaf le lui interdit, et lui imposa alors de tout oublier: quand il aurait tout oublié, il pourrait composer de la poésie. Cette amnésie forcée est un épisode emblématique de la formation d’Abû Nuwâs.

Abû Nuwâs devint rapidement célèbre par sa poésie pleine d’esprit et d’humour, qui ne traite pas les thèmes traditionnels du désert, mais parle de la vie urbaine et chante les joies du vin et des boissons (khamriyyat) et l’amour des jeunes garçons (mujuniyyat) avec un humour grivois. C’est à cette époque que le poète entra dans l’intimité du futur calife al-Amin, qui fut un temps son disciple.

Mais ses contacts avec des mécènes tels les vizirs barmécides, ainsi que son aura scandaleuse, lui valurent les foudres du calife Haroun ar-Rachid. Lorsque la puissante famille des Barmécides fut renversée et massacrée par le calife, Abû Nuwâs se vit contraint de fuir en Égypte pour ne pas être inquiété, à cause des poèmes élégiaques qu’il leur avait adressés. Pendant son séjour en Égypte, il composa des poèmes de louange à l’intention du chef du Dîwân al-Kharâj, al-Khatîb Ibn Abd al-Hamîd.

Selon une tradition, Abû Nuwâs mourut dans un cabaret. Selon une autre version, il mourut en prison, à cause d’un vers sacrilège touchant à un membre de la famille du prophète.

Le vizir d’al-Mamun, Zonbor, haïssait Abû Nuwâs: on dit que pour aggraver son cas il lui aurait commandé un poème satirique à l’égard du gendre de Mahomet, Ali; Zonbor l’aurait ensuite lu à haute voix en public, garantissant ainsi son maintien en détention.

Selon une autre tradition, il serait mort assassiné chez la famille Nawbakht, illustre famille de savants shiites avec laquelle il entretint des relations amicales, ce qui ne l’empêcha pas de les railler dans quelques poèmes.

Plusieurs khabars rapportent qu’après sa mort, ses amis entrèrent chez lui et cherchèrent sa bibliothèque, mais ils ne trouvèrent aucun livre, à l’exception d’un carnet de sa main contenant des expressions rares et des remarques sur la grammaire. Abû Nuwâs aurait été enterré au lieu-dit Tell des Juifs.

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