CES GRANDS LGB DU PASSE

Piotr Ilitch Tchaïkovski est un compositeur russe de l’époque ro- mantique né le 7 mai 1840 à Votkinsk et mort le 6 novembre 1893 à Saint-Pétersbourg.

Compositeur éclectique, il est l’auteur notamment de onze opé- ras, huit symphonies, quatre suites pour orchestre, cinq concer- tos, trois ballets, cent six mélodies et une centaine de pièces pour pianos. Son œuvre, d’inspiration plus occidentale que celle de ses compatriotes contemporains, intègre des éléments occidentaux ou exotiques, mais ceux-ci sont additionnés à des mélodies folk- loriques nationales. Tchaïkovski compose dans tous les genres, mais c’est dans la musique d’orchestre comme les symphonies, les suites, et les concertos qu’il déploie toute sa science et donne la mesure de son sens mélodique inspiré. C’est également lui qui donne ses lettres de noblesse à la musique de ballet, ajoutant une dimension symphonique à un genre auparavant considéré comme mineur. Il incarne la figure dominante du romantisme russe du XIXe siècle dans toute sa vitalité populaire et généreuse et sa pro- fonde sincérité.

De tous les compositeurs du XIXe siècle, il est l’un des seuls dont l’homosexualité soit très bien documentée (notamment ses amours platoniques ou ses liaisons avec Alexeï Apoukhtine, Alexis Sofro- nov, son domestique entré à son service à l’âge de quatorze ans, son élève Eduard Zak ou son neveu Vladimir Davydov qui sera son héritier). L’un de ses biographes, André Lischke, écrit pourtant qu’il avait moins de problèmes qu’on ne le dit parfois sur sa sexua- lité et qu’il lui arrivait d’«en aborder les questions physiologiques avec une gaillardise totalement dépourvue de complexes».

De même, les membres de son entourage connaissent très bien la vérité. Dans la biographie du compositeur qu’elle publie aux éditions Actes Sud, Nina Berberova raconte sa rencontre avec Praskovia Vladimirovna Tchaïkovskaïa, épouse d’Anatole, un des frères cadets de Piotr Ilitch. Celle-ci aborde d’elle-même le sujet de l’homosexualité en annonçant à Berberova : «Je lui ai chipé un amant […]. À Tiflis. […] Il ne m’a jamais pardonné!»

Tchaïkovski meurt le 6 novembre 1893 à Saint-Pétersbourg, dans l’appartement de son frère Modeste, au 13 rue Malaïa Morskaïa, neuf jours après la création de sa sixième symphonie «Pathé- tique». Il bénéficie de funérailles nationales.

On attribue généralement au choléra la mort du compositeur, qui aurait bu de l’eau de la Néva non stérilisée. Le manque de preuves quant au diagnostic de la maladie, la confusion des témoignages des proches, et la considération des effets de l’alcool et du tabac à long terme ne permettent cependant pas de clarifier les causes exactes de son décès. Certains pensent qu’il s’agirait d’un suicide. D’après l’une des théories, à la suite de la découverte de la rela- tion du compositeur avec le jeune officier de dix-sept ans Victor Stenbock-Fermor, le neveu (mineur) du prince Stenbock-Fermor, maréchal du palais, ce dernier aurait dénoncé le compositeur par une lettre au procureur Nikolaï Borisovitch Jacobi et Tchaïkovski aurait en fait été poussé au suicide (boire un flacon d’arsenic) par un tribunal d’honneur constitué d’anciens étudiants du Collège impérial de la Jurisprudence de Saint-Pétersbourg. Cette théorie fut présentée par la musicologue russe Alexandra Orlova en 1979 après son émigration aux États-Unis.

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