DENIS FAUT QU’ON SE PARLE (1)

Roger-Luc Chayer

Salut Denis, je t’écris aujourd’hui cette lettre ouverte car je me questionne sur ce que tu as fait de Montréal depuis ton élection, depuis que tu es devenu maire de ma ville.

Quand tu nous as annoncé ton désir de gouverner Montréal, c’était pour la rendre plus vivable, pour régler enfin les incohérences liées à la circulation et aux travaux majeurs. C’était aussi pour nettoyer l’administration municipale de la corruption et des contrats mafieux. Mais qu’as-tu fait depuis?

Jamais la ville n’aura été aussi invivable. Ton plan de reconstruction et de rénovation des infrastructures est en train de tuer la douceur de vivre en ville, sans parler des faillites, des fermetures de commerces et des drames humains causés par ton incapacité chronique à gérer la catastrophe qui résulte de tes politiques. Toutes ces rues fermées, ces détours qui ne mènent nulle part, ces cônes oranges plantés partout même s’il n’y a strictement aucun travail qui se fait! Cette perte de temps et d’énergie, ces blocages de circulation perpétuels strictement pour rien!

Prenons par exemple le coin Papineau et Sherbrooke, qui est restreint dans toutes les directions par des cônes, et où il ne se passe absolument rien. Pour éviter ce coin l’autre jour, je me suis dit: «Tiens je vais passer par la rue du Parc Lafontaine pour prendre Rachel Est, et contourner ce blocage permanent»… Arrivé coin Rachel et Papineau, la Rachel était fermée vers l’est jusqu’au bout de l’horizon et je n’avais pas d’autre choix que de revenir sur Papineau direction Sherbrooke. 42 minutes pour faire 2 coins de rue, et il y avait des policiers en plus…

Tu sais, Denis, tu as beau utiliser ta grosse voix pour nous dire que tu prends toutes les mesures possibles pour atténuer les effets de ces travaux qui n’en sont pas, en collaboration avec tes partenaires fictifs, il n’y a que toi pour y croire. As-tu vu le nombre de policiers affectés à la circulation qui ne font rien, qui regardent le bouchon en rigolant, car il ne faut pas oublier qu’ils sont en moyens de pression contre toi et qu’ils ont tout intérêt à laisser les bouchons se former plutôt que de permettre une circulation plus fluide. On se croirait dans le film Le Gendarme en ballade, avec Louis de Funès en gendarme à la retraite qui siffle dans toutes les directions pour créer volontairement un vaste bouchon, par nostalgie de son passé… Mais Denis, tu n’es pas Louis de Funès!

Tu as réussi à étouffer notre ville, à lui nuire économiquement, tu as fait ça volontairement et malgré les appels à l’aide des Montréalais, tu continues, tu persistes à vouloir transformer notre ville en phlébite géante, et tu y arrives! Tu nous promets même pire en 2017…

J’étais d’accord avec ton idée initiale, avant que tu ne deviennes notre maire, mais depuis, je pense que tu as perdu le contrôle. Tu pourrais facilement prendre ton char et aller voir ce qui se passe sur le terrain. Tu pourrais donner des ordres et exercer ton leadership, mais tu ne le fais pas. Tu as oublié que ce sont les Montréalais et ceux de passage qui souffrent au quotidien de ton incapacité. As-tu oublié pour qui tu travailles? Avec tout ça, je me suis surpris l’autre jour à regretter le départ de Gérald Tremblay. Avec lui, il y avait de la corruption, mais au moins nous pouvions encore vivre dans cette ville. Aujourd’hui, tu as tout bousillé. Je ne te félicite pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *