Divorcés remariés, mariage homosexuel… Le pape François se confie au quotidien La Nacion

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Dans un long entretien au quotidien argentin La Nacion, le pape François revient sur les sujets clés du moment.

Dans une longue interview, tellement longue qu’elle est parue en plusieurs articles, le pape François a tout récemment répondu aux questions « tous azimuts », pour le quotidien La Nacion, d’une journaliste argentine auteur, notamment, du livre François, vie et révolution. Aleteia a traduit pour vous quelques extraits clés de ces échanges.

Divorcés remariés : « Quelle porte peut-on leur ouvrir ? »

Dans le discours final, j’ai dit cette chose intéressante : on n’a touché à aucun point de la doctrine de l’Église sur le mariage. Dans le cas des divorcés remariés, nous nous demandons : que fait-on avec eux ? Quelle porte peut-on leur ouvrir ? Il y a une préoccupation pastorale : va-t-on leur donner la communion ? Leur donner la communion n’est pas une solution. Cela, seul, n’est pas la solution. La solution, c’est l’intégration. La vérité, c’est qu’ils ne sont pas excommuniés. Mais ils ne peuvent pas être parrain de baptême, Ils ne peuvent pas lire la lecture à la messe, ils ne peuvent pas donner la communion, pas enseigner le catéchisme… Il y a sept choses qu’ils ne peuvent pas faire : tenez, j’ai la liste ici ! (…) On a l’impression qu’ils sont excommuniés ! Alors, [peut-être faudrait-il] ouvrir un peu plus la porte. Pourquoi ne peuvent-ils pas être parrains ? « Mais non, voyons, quel témoignage vont-ils donner à leur filleul !? » [Ils donneront] le témoignage d’un homme et d’une femme  qui disent : « Regarde, mon cher, je me suis trompé, j’ai glissé sur ce point, mais je crois que le Seigneur m’aime, je veux suivre Dieu, le péché ne m’a pas vaincu, je vais de l’avant » (…) Si c’est un de ces hommes politiques, escroc et corrompu, mais marié régulièrement à l’Eglise, qui est choisi comme parrain, alors on l’accepte ? Quel témoignage donnera-il à son filleul ? Un témoignage de corruption ? Nous devons sans doute changer un peu les choses…

Kasper et la communion aux divorcés remariés : « Faisons des hypothèses »

Dans son intervention de février dernier (…) Kasper a émis des hypothèses (le Pape rappelle également que le texte du cardinal comprenait cinq chapitres, dont quatre, « ouverts et profonds », concernaient les finalités du mariage et un seulement la question des divorcés remariés, qui font partie de l’Église). Il n’a rien vraiment proposé. Que s’est-il passé ? Quelques théologiens se sont épouvantés devant ces hypothèses et ont préféré se « cacher la tête ». Ce que Kasper a dit, c’est : faisons des hypothèses. Il a ouvert le champ [de la réflexion]. [Ces théologiens ont dit] : la communion, jamais. Mais la communion spirituelle, si ! Mais dites-moi : ne faut-il pas être en état de grâce pour recevoir la communion spirituelle ? C’est pour cela [d’ailleurs] que le point concernant la communion spirituelle n’a pas recueilli le nombre de voix nécessaires (les deux tiers, ndlr) dans la relatio sinodi : ils [les pères synodaux] n’étaient pas d’accord entre eux.

Synode : « Personne n’a parlé de mariage homosexuel »

Personne n’a parlé de mariage homosexuel durant le synode. Ce dont nous avons parlé, c’est de comment une famille dont un enfant est homosexuel l’éduque, l’élève. Comment aider cette famille à avancer dans cette situation un peu inédite ?  Pendant le synode, il a été question de la famille et des personnes homosexuelles en relation avec leur famille, parce que c’est une réalité que nous rencontrons tout le temps dans les confessionnaux : un père ou une mère avec un fils ou une fille comme cela. Cela m’est arrivé plusieurs fois à Buenos Aires (…) C’est pourquoi nous avons parlé d’« éléments positifs » dans la première relation (relation post disceptationem, ndlr). Mais il s’agit d’un texte intermédiaire.

Cardinal Burke à l’ordre de Malte : « Je le lui ai proposé bien avant le synode »

Le cardinal m’a demandé un jour ce qu’il devait faire, étant donné qu’il n’avait pas encore été confirmé dans sa charge (…) Je lui ai dit :« Donnez-moi un peu de temps, parce que le C9 est en train de réfléchir à une restructuration [des organismes] juridique[s] (de la curie, ndlr) ». Je lui ai expliqué que la réflexion était en cours et que rien n’avait encore été décidé. Puis s’est posée la question de l’ordre de Malte, à la tête duquel il fallait un américain dynamique, qui puisse être à l’aise dans ce milieu. Et j’ai pensé à lui. Je le lui ai proposé bien avant le synode. Et je lui ai dit : cela se fera après le synode, parce que je veux que vous y participiez comme chef de dicastère (Il n’aurait pu le faire comme responsable de l’ordre de Malte). Il m’a beaucoup et vivement remercié, et il a accepté. Je pense que cela lui a plu. C’est un homme qui bouge beaucoup, qui voyage, et là, il aura du travail. Ce n’est donc pas vrai [de dire] que j’ai agi ainsi en raison de son comportement durant le synode.

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