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Tueur sans merci qui a fauché des millions de vies, le sida pourrait disparaître de la surface de la terre d’ici une cinquantaine d’années, si les gouvernements y consacrent les ressources nécessaires.
À l’échelle planétaire, 22 milliards $ devraient être consentis annuellement à la lutte contre le sida, comparativement aux 15 milliards $ injectés actuellement.
« Il est possible qu’on ait atteint le sommet dans la prévalence du VIH. Si les bons choix politiques sont faits au niveau de l’augmentation du dépistage et des traitements rapides, on peut penser l’éliminer dans 50 ans », a indiqué lundi le Dr Michel Alary, professeur à la faculté de médecine de l’Université Laval, qui préside le 19e congrès de la Société internationale pour la recherche sur les maladies transmises sexuellement.
Cet événement d’importance réunit jusqu’à demain quelque 1 100 scientifiques de tous les continents, au Centre des congrès de Québec.
Avancées scientifiques
Parmi les avancées scientifiques prometteuses, celle du chercheur américain Myron S. Cohen a retenu particulièrement l’attention du congrès, lundi.
Une étude menée auprès de couples dont l’un des partenaires était séropositif et l’autre séronégatif a montré qu’un traitement précoce contre le VIH pouvait réduire de plus de 90 % les risques de transmission du virus.
D’autres découvertes majeures permettent de faire des gains dans la lutte contre le sida, a souligné le Dr Alary. Ainsi, pour la première fois, un gel microbicide s’est révélé efficace pour protéger les femmes contre la transmission du VIH.
L’étude CAPRISA a été menée en Afrique du Sud auprès de 900 femmes exposées à un risque élevé de contamination par le VIH, parce que leur partenaire est réfractaire à l’usage du condom.
Le Dr Alary poursuit pour sa part des travaux auprès de groupes plus vulnérables. « Lorsqu’on cible les groupes les plus à risque, comme les travailleuses du sexe et leurs clients, on a un impact à l’échelle populationnelle », a observé le chercheur.
Relations non protégées
Seule ombre au tableau : les gains significatifs réalisés à l’égard du VIH s’accompagnent malheureusement de pertes vis-à-vis d’autres maladies transmises sexuellement.
Depuis les succès de la trithérapie, pour plusieurs, le sida n’est plus perçu comme mortel, ce qui a amené un relâchement dans l’utilisation du condom.
Ce genre de petites annonces s’affichent sur des sites web de rencontre : « Beau jeune homme séropositif recherche beau jeune homme séropositif pour des relations sexuelles sans condom ».
Ces pratiques contribuent à la propagation d’autres infections transmissibles sexuellement, a illustré le Dr Alary. On ne s’étonnera pas que la gonorrhée, la syphilis ou la chlamydia soient en hausse au Québec comme ailleurs.