
Roger-Luc Chayer (Image : IA / Gay Globe)
Le président Donald Trump a signé en janvier 2025 un décret visant à « protéger les enfants contre la mutilation chimique et chirurgicale ». Un groupe de défense des droits des personnes trans affirme que la clinique de santé étudiante de l’Université McGill refuse désormais de prescrire une thérapie hormonale de substitution aux étudiants américains de moins de 19 ans, en raison de ce décret.
Est-ce que cette information est exacte et est-ce que les lois et décrets du président ont force de loi au Canada ou à l’Université McGill ?
À ce stade, il n’existe pas de confirmation fiable et vérifiable que cette affirmation soit exacte dans son ensemble.
D’abord, un décret présidentiel américain, même s’il avait été signé par Donald Trump, n’a aucune force de loi au Canada. Les décrets exécutifs américains s’appliquent uniquement aux institutions fédérales des États-Unis et ne peuvent pas obliger une université canadienne comme McGill University à modifier ses pratiques médicales.
Ensuite, concernant le contenu précis de l’allégation (un décret de janvier 2025 sur la “mutilation chimique et chirurgicale” et le refus de soins hormonaux aux étudiants américains de moins de 19 ans à McGill), il n’existe pas de source publique solide et largement reconnue confirmant à la fois l’existence exacte de ce décret sous cette formulation et un changement de politique officiel de la clinique étudiante de McGill basé sur celui-ci.
Ce type de situation peut parfois provenir de confusions entre :
des débats politiques aux États-Unis sur les soins d’affirmation de genre,
et des politiques internes d’accès aux soins dans des cliniques universitaires, qui peuvent varier indépendamment des lois étrangères.
Le décret présidentiel américain signé en janvier 2025 par Donald Trump existe et utilise un langage visant à restreindre ou décourager les soins d’affirmation de genre pour les mineurs, notamment via des mesures sur le financement fédéral aux États-Unis.
Il n’existe aucune preuve solide et publique que ce décret oblige ou même demande directement à une institution canadienne comme McGill University de refuser des traitements hormonaux à des étudiants américains (ou à qui que ce soit). Un décret américain ne s’applique pas juridiquement au Canada.
L’allégation selon laquelle la clinique de santé étudiante de McGill aurait modifié sa pratique spécifiquement à cause de ce décret n’est pas confirmée par des sources fiables et officielles. Si des restrictions existent, elles pourraient venir d’autres facteurs (politiques internes, encadrement médical, âge de consentement, assurance, ou réglementation provinciale), mais le lien direct avec le décret américain reste spéculatif.
Voilà pourquoi il est plus important que jamais de toujours vérifier et corroborer les informations qui circulent sur le web et les réseaux sociaux, car c’est en départageant le vrai du faux que l’on obtient la vérité, et c’est notre rôle, comme média, de le faire.
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