Élections au Brésil : les déclarations polémiques de Jaïr Bolsonaro

Par lefigaro.fr

Déclarations homophobes, misogynes et racistes… Le favori du second tour de la présidentielle assume ses propos extrêmes.

Surnommé le «Trump tropical», Jaïr Bolsonaro (Parti social-libéral) a convaincu les Brésiliens avec plus de 46% des voix au premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Favori pour le second tour, le candidat d’extrême droite est pointé du doigt par les femmes mais largement soutenu par la communauté chrétienne. Pourtant, celui qui se présente comme «honnête et droit» n’a cessé d’enchaîner les déclarations chocs.

«L’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer».

Cette déclaration de 2016 fait référence à la dictature militaire qui a gouverné le pays de 1964 à 1985. Jaïr Bolsonaro est un nostalgique de cette dictature. Alors que le pays sort à peine de ces heures sombres, le militaire de réserve vante la traque à mort des «communistes». En avril 2016, il vote «oui» à la destitution de la présidente Dilma Roussef et dédie sa décision «à la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra», accusé d’avoir torturé lui-même l’ancienne présidente.

«Je ne te violerai pas, parce que tu ne le mérites pas».

En 2014, lorsqu’une commission d’enquête rend ses conclusions sur les crimes commis par la dictature, Maria do Rosario, députée du Parti des travailleurs (PT), dénonce «la honte absolue» et accuse les militaires d’être les auteurs de nombreux viols. Bolsonaro lui fait donc cette réponse, en précisant: «Elle ne mérite pas d’être violée parce qu’elle est très laide, ce n’est pas mon genre. Je ne suis pas un violeur, mais si je l’étais, je ne la violerais pas parce qu’elle ne le mérite pas».

«Cette femme (…) sera enceinte. Qui paiera l’addition? L’employeur.»

Dans une interview au quotidien Zero Hora en décembre 2014, le candidat déclare: «Ça me fait de la peine, le monde des entrepreneurs au Brésil, parce que c’est une disgrâce d’être patron dans notre pays, avec toutes ces lois du travail. Entre un homme et une femme, que va se dire un patron? ‘Cette femme a une alliance au doigt, dans peu de temps elle sera enceinte, six mois de congé maternité’ (…) Qui paiera l’addition? L’employeur.»

«Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel.»

Profondément homophobe, Bolsonaro défend notamment les mauvais traitements infligés aux enfants «si ceux-ci présentent des tendances homosexuelles». En 2011, dans un entretien au magazine Playboy, Bolsonaro assume ainsi: «Je préférerais que mon fils meurt dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu». Il s’en prend également à Eleonora Menicucci, ministre du Droit de femmes, en la qualifiant de «grosse gouine».

«Ils ne font rien! Ils ne servent même pas à la reproduction!», déclare-t-il en 2017 après une visite à la communauté quilombola, des descendants d’esclaves fugitifs.

«Cette histoire d’État laïc n’existe pas. L’État est chrétien (…)».

L’électorat évangélique représente l’un des soutiens majeurs de Jaïr Bolsonaro, lui-même ancien catholique converti depuis 2016. L’an dernier lors d’un meeting à Paraíba, dans le nord-est du pays, il déclare: «Dieu au-dessus de tous. Cette histoire d’État laïc n’existe pas. L’État est chrétien et que celui qui n’est pas d’accord s’en aille.»