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« Il a passé du temps aux urgences, il se repose, il n’est pas encore allé déposer plainte. » Hier, les représentants du Centre lesbien, gay, bi et trans (CLGBT), à Nantes, ont pu parler à Samy Messaoud, alors que le jeune homme sortait du CHU de Nantes.
Que s’est-il passé ? De source policière, une patrouille est bien intervenue devant la discothèque nantaise le Temps d’aimer, à Nantes. Il était 6 h 42. Sur place, deux hommes blessés, dont le jeune rappeur, et un témoin. « L’un dit avoir reçu un coup-de-poing, l’autre également en cherchant à le défendre », explique un enquêteur. Les agresseurs, quatre hommes semble-t-il, n’ont pas été retrouvés.
Cette mésaventure a-t-elle un rapport avec le bras de fer judiciaire que le jeune homme a engagé avec Cortex, un autre rappeur, basé à Evry (Essonne) ? Aucune certitude hier, mais la question mérite d’être posée.
Tout est parti d’un clip de Samy Messaoud. Le titre, baptisé Je suis gay, scénarise crûment la déclaration, avec force étreintes et corps masculins dévoilés. Cortex en a pris ombrage. Le rappeur d’Evry, connu pour avoir menacé Marine Le Pen de lui faire subir une tournante, est monté sur ses grands chevaux.
Dans une vidéo postée sur Dailymotion, il se répand en injures homophobes radicales contre le Nantais. « Moi j’ai pas le droit de faire des clips avec des belles femmes, et l’autre il fait ce qu’il veut », assène-t-il en guise d’argumentation énervée. Déclaration largement enrichie de qualificatifs vulgaires.
Samy Messaoud a réagi et a contacté le Centre lesbien, gay, bi et trans pour organiser la riposte. « Dans ces cas-là, lorsque les victimes nous sollicitent, on a tendance à leur conseiller de déposer plainte. Ça permet de faire passer le message qu’il est interdit de tenir ce genre de propos », explique l’une des responsables.
La plainte a bien été déposée le 12 juillet, pour injures et diffusion publique à caractère homophobe, au parquet de Nantes. Et une enquête de police est en cours autour de l’agression d’hier matin.