Le difficile chemin de la dépénalisation de l’homosexualité au Liban

Par Letemps.ch

Inédit au Pays du Cèdre, la jurisprudence militaire a refusé début avril de poursuivre pénalement quatre soldats accusés d’homosexualité. Cette décision, saluée à l’échelle internationale, n’est cependant pas la garante d’une dépénalisation des relations entre personnes de même sexe.

Elie* s’est fixé la date du 22 mai pour rendre ses insignes d’officier de police à sa hiérarchie. Tous les matins, il barre d’une croix la date de la veille dans son calendrier, décomptant minutieusement les dernières journées qui le séparent de la fin de son calvaire. A 28 ans, le jeune homme vient de faire son coming out auprès de sa famille. Au travail, il ne s’est livré qu’à un ami à qui il a demandé de garder le silence, mais Elie est certain d’avoir été trahi et redoute désormais que la nouvelle ne revienne aux oreilles de ses supérieurs. «Mes collègues sont tous au courant, assure-t-il. Leur comportement a littéralement changé du jour au lendemain, ils ne m’adressent plus la parole, m’insultent et me surnomment la tapette dès que j’ai le dos tourné. C’est très risqué, je suis en danger.»

L’article 534 du Code pénal

Le jeune officier craint aujourd’hui d’être poursuivi par le tribunal militaire de Beyrouth. Car au Liban, où l’article 534 du Code pénal condamne les relations sexuelles «contre nature», l’homosexualité est toujours considérée comme un crime. Elie pourrait ainsi encourir de 1 mois à 1 an de prison ferme et de 120 à près de 600 euros d’amende.

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