
Roger-Luc Chayer (Image: IA – Gay Globe)
En 2009, alors que je contribuais régulièrement comme chroniqueur responsable de la chronique “Mourrial” à l’émission Le Midi avec André Arthur sur les ondes de TQS, je traitais souvent de situations nuisant à l’image de marque de Montréal. En discutant avec André, j’abordais des problématiques tant économiques que sociales, et je tournais mes propres images. Ma chronique était diffusée régulièrement, et ce, jusqu’à la vente de TQS à de nouveaux investisseurs.
Le 29 janvier 2009, j’ai traité d’un sujet très grave pour Montréal et pour les Québécois. J’avais découvert que Gérald Tremblay, alors maire de Montréal, avait participé à un congrès réunissant des villes du tiers-monde. Oui, vous avez bien lu. Voir ma chronique télé ici.
Évidemment, en tant que Montréalais, j’étais profondément outré par la participation de Montréal à ce congrès, qui portait gravement atteinte à la réputation de notre ville. Cependant, en repensant à mes chroniques régulières sur TQS et à mes observations livrées dans d’autres émissions, dont les actualités sur GGTV, je me suis rendu compte que Montréal glissait effectivement lentement vers le tiers-mondisme, et il était impératif d’en parler. Voir les archives de mes chroniques à TQS ici.
Aujourd’hui, en 2024, il m’apparaît plus clair que jamais que Montréal est brisée et dysfonctionnelle à plusieurs niveaux. Les actualités ne parlent que de cela : logement, itinérance, drogues, inflation, sans-abri, hôpitaux débordés, banques alimentaires vides, villages de tentes occupant les lieux publics, violence, saleté, etc. Montréal n’est plus que l’ombre d’elle-même, bien loin du passé beaucoup plus glorieux sous Jean Drapeau. D’ailleurs, avez-vous remarqué qu’on ne mentionne plus nulle part le slogan des années 90 : “La Fierté a une ville, Montréal!” ? Aujourd’hui, Montréal est bien loin d’être fière…
Définition et critères de la tiers-mondisation
Selon Wikipédia, Vikidia et Alternativeséconomiques.fr, “Ces pays sont généralement caractérisés par un faible développement économique, souvent avec un revenu par habitant très bas et une économie largement basée sur l’agriculture ou l’exploitation de ressources naturelles, avec peu d’industrialisation. La pauvreté y est répandue, avec de fortes inégalités dans la répartition des richesses. Les infrastructures, telles que les routes, les systèmes de transport, l’approvisionnement en eau potable et les télécommunications, sont souvent sous-développées. L’accès aux services de base comme l’éducation, la santé et l’assainissement est limité. Sur le plan social et politique, ces pays connaissent souvent une gouvernance instable, avec des systèmes politiques fragiles ou autoritaires, et une corruption répandue dans les institutions. Les droits humains y sont parfois peu respectés, et des conflits internes peuvent être fréquents. Enfin, le marché du travail y est souvent informel, avec une grande partie de la population travaillant sans accès à des protections sociales ou à des droits du travail.“
Évidemment, Montréal étant la métropole du Québec et non un État souverain, plusieurs de ces critères ne s’appliquent pas. Cependant, certains peuvent parfaitement correspondre à la situation actuelle de la métropole.
Est-ce que Montréal pourrait actuellement être considérée comme une ville du tiers-monde?
Montréal, en tant que ville d’un pays développé comme le Canada, bénéficie de nombreuses infrastructures et services que l’on ne trouve pas habituellement dans les villes des pays en développement. Cependant, certains aspects de la situation actuelle de Montréal, tels que la crise du logement, l’itinérance, la montée de la violence, et les problèmes sociaux peuvent donner l’impression que la ville rencontre des difficultés similaires à celles que l’on associe parfois aux villes du tiers-monde. Et c’est là le drame : Montréal est devenue ainsi, alors qu’elle n’a pas toujours été dans cet état. Les raisons de cette dégradation doivent être recherchées dans des causes politiques et c’est dans la et les politiques que les solutions se trouvent.
On a actuellement l’impression que Montréal a perdu le contrôle sur plusieurs aspects de sa gestion et de ses responsabilités. Tout est à refaire. Il faudra bien commencer quelque part, et les décideurs actuels ne me semblent pas être les personnes adéquates pour redonner à la perle française des Amériques le statut de belle dame qu’elle mérite.