À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, des voix s’élèvent pour critiquer l’importance des fonds dédiés à cette cause, estimant que ces ressources pourraient être mieux utilisées pour d’autres urgences sanitaires.
Roger England, expert du groupe Health Systems Workshop en Grenade, va jusqu’à affirmer que l’ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, est devenu inutile et devrait être démantelé. Dans une tribune publiée dans le British Medical Journal au printemps, il dénonce une « industrie » du sida composée de nombreux employés bien rémunérés et de célébrités pour qui la lutte contre la maladie serait devenue un phénomène de mode.
Selon lui, fermer l’ONUSIDA permettrait de libérer 200 millions de dollars, le budget annuel de l’organisation, pour financer d’autres problèmes de santé plus meurtriers, comme la pneumonie, responsable de plus de décès infantiles que le sida, le paludisme et la rougeole réunis.
Cette vision est vivement contestée par Paul de Lay, un porte-parole de l’ONUSIDA. Il reconnaît que la place accordée au sida dans les priorités mondiales mérite réflexion, mais rappelle que la lutte contre cette maladie est encore récente et que l’épidémie est loin d’être maîtrisée. « L’épidémie a causé entre 55 et 60 millions d’infections. Suspendre soudainement les financements serait catastrophique », avertit-il.
Les défenseurs des programmes antérieurs au VIH soulignent que leurs actions vont au-delà du simple combat contre le virus, renforçant l’ensemble des systèmes de santé et assurant des soins de base essentiels.
Aujourd’hui, l’ONU estime à environ 33 millions le nombre de personnes porteuses du VIH dans le monde. Certains scientifiques indiquent que l’infection a atteint un pic à la fin des années 1990 et considèrent qu’il est peu probable qu’elle déclenche de grandes épidémies en dehors de l’Afrique.