
Par : L’équipe rédactionnelle de Gay Globe Média Image : Générée électroniquement ©Gay Globe
Pour la première fois depuis le début de la pandémie du SIDA en 1981, la recherche et les experts sont en mesure d’affirmer qu’en 2026, nous pourrions assister à une chute marquée de la transmission grâce à de nouveaux médicaments préventifs dont l’efficacité est remarquable.
Lorsqu’on parle de médicaments préventifs, il s’agit de molécules qui empêchent le VIH d’entrer dans l’organisme et de s’attacher aux cellules du système immunitaire, évitant ainsi les dommages que l’on connaît par la suite. Ces médicaments existent déjà, dont le plus connu et le plus étudié, le Lénacapavir, que l’on peut obtenir sur prescription.
Le Lénacapavir, encore mieux, est à la fois préventif et curatif, c’est-à-dire qu’il est aussi efficace pour prévenir le VIH que pour le traiter, et, dans le cas de la prévention, il présente une efficacité de presque 100 %.
Le mode d’action du Lénacapavir repose sur sa capacité à cibler directement la capside du VIH, c’est-à-dire l’enveloppe protéique qui protège le matériel génétique du virus et lui permet d’accomplir chacune des étapes essentielles de son cycle de vie. En se fixant solidement sur cette structure, le médicament perturbe plusieurs opérations vitales du virus : il l’empêche d’entrer correctement dans les cellules, bloque la libération du matériel génétique une fois à l’intérieur, entrave la réplication et compromet la formation de nouvelles particules virales.
Cette action unique, qui agit sur plusieurs phases du cycle plutôt qu’une seule, explique en grande partie sa très haute efficacité, autant en prévention qu’en traitement, et sa capacité à maintenir une protection prolongée dans l’organisme.
On est arrivé à un taux de protection aussi élevé parce que le Lénacapavir agit sur une cible du virus qui ne varie presque jamais et qui est indispensable à toutes les étapes de son cycle de vie. Comme la molécule se lie très fortement à la capside et reste active dans l’organisme pendant des mois, elle bloque efficacement l’infection avant même qu’elle ait le temps de s’installer.
Les essais cliniques ont montré que, chez les personnes qui recevaient l’injection à temps et avaient une concentration suffisante du médicament dans le sang, aucune infection ne survenait. Ce résultat tient au fait que le Lénacapavir empêche le virus de franchir la toute première barrière, celle où il doit entrer dans la cellule et libérer son matériel génétique. Quand cette étape est bloquée, la transmission devient pratiquement impos-sible.
C’est cette combinaison — une cible virale très stable, une action sur plusieurs phases du cycle du VIH, une longue durée dans le corps et une puissance suffisante pour neutraliser le virus dès le contact — qui explique la protection observée, proche de 100 % dans les conditions idéales.
Le Lénacapavir peut être administré soit sous forme d’injection sous-cutanée à longue durée d’action, donnée généralement deux fois par année, soit sous forme orale pour amorcer ou accompagner le traitement selon les protocoles cliniques. Dans la pratique, l’injection est privilégiée pour la prévention, car elle assure une concentration stable et durable du médicament dans l’organisme, alors que la forme orale sert surtout au démarrage du traitement ou dans certaines situations particulières où l’injection n’est pas immédiatement possible.
Le Lénacapavir est aussi considéré comme quasi curatif en raison de sa grande efficacité contre le virus, même chez une personne déjà infectée, qui peut atteindre rapidement une charge virale indétectable.