Réjean Thomas
40 ans de lutte au SIDA
Nous vivons une époque historique, soit, la lutte à deux pandémies en même temps et la période post COVID-19 affectera surtout les pays pauvres. L’ONUSIDA prévoit des centaines de milliers de morts de plus dans le monde parce que l’accès aux traitements et la prévention sont limités.
Selon l’ONUSIDA, « la présence concomitante du VIH et de la COVID-19 a de lourdes conséquences. Les personnes vivant avec le VIH subissent des conséquences plus graves et présentent des comorbidités plus importantes à cause de la COVID-19 que les personnes ne vivant pas avec le VIH et, à la mi-2021, la plupart n’avaient pas accès aux vaccins COVID-19.
Des études menées en Angleterre et en Afrique du Sud ont révélé que le risque de mourir de la COVID-19 chez les personnes séropositives était deux fois plus élevé que dans la population générale.
L’Afrique subsaharienne abrite les deux tiers (67 %) des personnes vivant avec le VIH. Mais les vaccins qui peuvent les protéger n’arrivent pas assez vite. En juillet 2021, moins de 3% des personnes en Afrique avaient reçu au moins une dose d’un vaccin COVID-19.
Les fermetures engendrées par la COVID-19 et d’autres restrictions ont perturbé le dépistage du VIH et, dans de nombreux pays, ont entraîné une chute brutale des diagnostics et des orientations vers des traitements contre le VIH. »
En 2021, nous avons la chance d’avoir des antirétroviraux simples (souvent un com-primé par jour et même des solutions injectables. Nous avons un bon système d’assurance médicaments, mais je crois que le traitement du VIH, comme dans de nombreux pays, devrait être gratuit, car trop de personnes atteintes retardent leur traitement ou cessent périodiquement le traitement pour des raisons financières.
Dans de nombreux pays, la trithérapie est gratuite à 100% parce qu’il s’agit d’un problème de santé publique. Cesser la trithérapie peut avoir des conséquences sévères sur sa santé, mais aussi sur celle des autres. Au Québec, les traitements des ITS est gratuit pour ces raisons.
Or le VIH est une ITS!
Pour en finir avec le SIDA, il faut une meilleure accessibilité pour encourager le dépistage et le traitement.
Grâce à l’efficacité des thérapies antirétrovirales combinées disponibles, les personnes atteintes ont aujourd’hui une espérance de vie qui rejoint celle de la population générale.
L’infection par le VIH est devenue une maladie chronique, qui nécessite un traitement au long cours. Avec le temps, la prise en charge pharmacologique des PVVIH est devenue plus compliquée en raison des comorbidités liées au vieillissement. Ces aspects sont d’autant plus complexes chez les PVVIH vieillissantes et infectées par un VIH multirésistant, pour lequel le choix des antirétroviraux (ARV) encore actifs est limité.