LES 400 MOTS DE RÉJEAN THOMAS (#147)

Par: Le Dr Réjean Thomas, PDG et fondateur de la Clinique l’Actuel de Montréal

Pour cette chronique, Gay Globe a envoyé des questions de lecteurs au docteur Thomas et voici les réponses de notre spécialiste:

Selon Wikipédia, 15 % des hommes gais dans les pays occidentaux seraient porteurs du VIH. Est-ce que selon toi c’est réaliste comme chiffre ou il s’agirait d’une exagération?

C’était la réalité à l’époque, mais je n’ai pas vu de statistiques récentes. En plus, on ne connaît pas vraiment encore l’impact de la PrEP sur les hommes gais.

Une source intéressante de statistiques pour le Canada est le Réseau Catie qui mentionne que « Selon les estimations nationales relatives au VIH, 62 050 Canadiens vivaient avec le VIH à la fin de l’année de 2018. Cela signifie que 167 personnes sur 100 000 au Canada étaient porteuses du VIH (taux de prévalence). 8 300 personnes vivaient avec le VIH sans le savoir (cas non diagnostiqués) à la fin de l’année 2018. Cela représente 13 % du nombre estimé de personnes porteuses du VIH. 1 169 nouvelles infections par le VIH au Canada concernaient des hommes gbHARSAH en 2018.

Cela représente 52,2% de l’ensemble des nouvelles infections par le VIH. Cette estimation prenait en compte 1 109 nouvelles infections par le VIH chez des hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes, et 60 nouvelles infections chez des hommes qui s’étaient injecté des drogues et qui ont eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Les gbHARSAH sont touchés de manière disproportionnée par les nouvelles infections par le VIH au Canada. Ils représentent 52,2 % de l’ensemble des nouvelles infections par le VIH, alors qu’ils ne représentent que 3 à 4 % de la population d’hommes adultes au Canada.

On parle souvent de se faire dépister pour le VIH, ainsi que pour les autres ITSS, mais comment se passe un examen de dépistage complet au fait?

Un examen de dépistage complet déborde largement de la simple recherche de maladies sexuellement transmises. On commence avec une prise de sang pour rechercher un VIH, des hépatites ou la syphilis. Suivent les prélèvements PCR pour la gonorrhée ou la chlamydia, il est important de prélever dans tous les sites comme la gorge, l’anus, l’urètre et le col de l’utérus chez la femme.

Un examen physique est parfois nécessaire en présence de certains symptômes comme pour l’herpès, les condylomes ou la présence de ganglions enflés. Il faut aussi exclure un cancer du testicule qui est le plus fréquent chez les jeunes hommes entre 15 et 29 ans.

Le nombre d’hommes ayant reçu un diagnostic de cancer du testicule est faible avant la puberté, mais augmente significativement après l’âge de 14 ans. Il atteint un pic vers l’âge de 30 ans pour diminuer lentement jusqu’à environ 60 ans. Il est très important d’inclure ces examens de façon routinière.

Pour toute question relative à la santé sexuelle, la clinique l’Actuel est à votre disposition pour vous assister, voir le bandeau en page 6.

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