
Roger-Luc Chayer (Image: Pixabay)
Il y a quelques jours, dans une conversation privée avec un de mes lecteurs de longue date, celui-ci m’a lancé, alors que je parlais des caractéristiques des salafistes, une tendance extrémiste de l’islam : « On sait bien, tu es hyper anti-islam… » Pardon ?
C’est mal me connaître que de faire une telle affirmation. Mais avant tout, qu’est-ce qu’un salafiste, puisque c’était le point de départ de sa remarque ? Selon Wikipédia, le salafisme est un mouvement religieux de l’islam sunnite prônant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l’époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples, connus comme les « pieux ancêtres », ainsi que la « rééducation morale » de cette communauté. Les salafistes adoptent une lecture littérale des textes de l’islam, comme le Coran et les ahadith de la Sunna, et rejettent toute innovation religieuse considérée comme blâmable. Voilà pour le petit retour au Moyen Âge…
Quand je dis que c’est mal me connaître de prétendre que je serais anti-islam, c’est parce que mon opinion sur les religions n’est pas aussi limitée. J’éprouve la même antipathie envers toutes les religions. Une simple recherche sur le site de Gay Globe suffirait, s’il avait pris la peine de la faire, pour constater que je dénonce régulièrement les actes innommables de l’Église catholique et de ses prêtres en soutane qui veulent trop jouer dans nos culottes, les prédicateurs américains qui attisent la haine anti-LGBTQ+ en Afrique, les pasteurs ultra-intégristes mormons qui endoctrinent leurs fidèles, les imams et autres islamistes qui nous pendent parce qu’on s’aime, ainsi que les rabbins juifs qui déguisent encore leurs femmes en poupées du XIXe siècle.
La religion en général, peu importe son nom, ne devrait pas exister, à mon avis, car elle sert principalement à contrôler les gens sous divers prétextes et à protéger d’autres porteurs de soutane ou prêcheurs en tout genre contre des actes illégaux et immoraux, même selon leurs propres règles.
Prenons, par exemple, des sociétés où la religion est très peu présente ou absente de la scène publique. Ces pays ou cultures laïques sont généralement bien plus pacifiques, orientés vers la justice et le bien-être collectif. Je pense à la Suisse, aux pays scandinaves, à plusieurs pays d’Asie de l’Est comme le Japon et le Vietnam, ainsi qu’à l’Australie et la Nouvelle-Zélande. On pourrait même dire que le Québec est un exemple de laïcité publique, surtout depuis la Révolution tranquille, lorsque, dans les années 60, il a été demandé aux catholiques de quitter nos écoles, nos hôpitaux et nos institutions civiles.
Voilà en quoi je me considère juste et équitable envers toutes les religions, croyances, sectes et autres.
Et pour ceux qui mélangent encore les Arabes et l’islam, c’est une erreur fréquente qu’il faut démystifier. Tous les Arabes ne sont pas musulmans, et tous les musulmans ne sont pas Arabes. Les gens de Brunei, de Malaisie et d’Indonésie sont musulmans, mais ils ne sont absolument pas Arabes ! Il en va de même pour l’Iran, qui est un pays musulman, mais dont le peuple n’est pas arabe ; ce sont des Perses. Et le contraire est également vrai : des pays comme la Tunisie, le Liban ou la Jordanie ont des populations arabes, mais l’islam n’occupe qu’une infime part de la société, et leurs lois sont civiles.
Je pensais qu’il était important de clarifier mon opinion sur les religions et mes décisions rédactionnelles à ce sujet ! Voilà !