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On peut avoir le virus et une vie normale. Seulement, avaler une trithérapie par jour, c’est bousiller son corps. « Je me suis posé la question : dois-je le dire à mon boss ? » Dans le CDI du lycée horticole Charles-Plumiers de Blois, une vidéo du Sidaction est projetée aux élèves de l’atelier théâtre chargés de rédiger un manifeste dans le cadre d’un partenariat national entre le ministère de l’Agriculture et Sidaction. Mais avant de se lancer dans l’écriture, une équipe de l’association – sa directrice, son directeur de communication et une attachée de presse – est venue, en ce mois de décembre, leur donner les clés pour l’écrire.
Présenté lors de la soirée de lancementPour l’heure, Florence Thune, directrice générale du Sidaction, qui a fait spécialement le déplacement, échange avec eux : « 150.000 personnes vivent actuellement avec le VIH en France. » Une nouvelle question est posée : « Quel est le coût d’un traitement ? » La directrice générale évoque le chiffre de « 1.000 €/ mois », coût qui n’est pas supporté par le malade. Mais ce n’est pas valable dans tous les pays : « Aux États-Unis, les malades doivent sortir de l’argent de leur poche. » Et bien souvent des sommes importantes.
Florence Thune rappelle alors la difficulté qu’il y a, encore, pour certains séropositifs à « obtenir une carte de séjour », précisant d’ailleurs au passage qu’il a fallu attendre novembre 2009 pour que les États-Unis, par la voix de Barack Obama, lèvent l’interdiction faite aux porteurs du virus du sida (vieille de 22 ans) d’entrer sur le territoire américain.
C’est au tour de Christophe Faure, conseiller principal d’éducation, d’intervenir dans la conversation pour préciser que les lycéens ont d’ores et déjà dégagé trois axes pour leur manifeste : « lutte pour une éducation mieux répartie dans le monde ; combat contre les discriminations et les présentations erronées de la maladie ; et enfin, protection, protection, protection ».
Ce projet intervient alors que l’on assiste à une recrudescence du nombre de cas d’infections sexuellement transmissibles chez les jeunes (*) : la directrice Florence Thune fait alors le pari que les jeunes trouveront les mots justes pour sensibiliser leurs pairs. Ce manifeste est « une réflexion sous forme de texte qui sera présenté lors du lancement du Sidaction » organisé du vendredi 23 au dimanche 25 mars 2018.
Par ailleurs, le travail des Blésois du lycée horticole est suivi par un réalisateur qui produira un film de 5 minutes qui sera diffusé lors de la conférence de presse nationale du lancement du Sidaction.
(*) 11 % des personnes découvrant leur séropositivité ont entre 15 et 24 ans.