Quand le désir de ressembler aux étoiles des réseaux sociaux devient obsession

Modèle

Carle Jasmin (Photo : Pixabay)

Les traitements antiâge chez les hommes gays : une tendance qui gagne les jeunes

Les traitements antiâge ont plus que jamais la cote chez les hommes gays et, contrairement à il y a vingt ans, ce ne sont plus seulement les hommes matures qui y ont recours pour atténuer les années accumulées, mais aussi des hommes de plus en plus jeunes, parfois à peine sortis de l’adolescence, qui ne cherchent plus seulement à estomper quelques ridules, mais à transformer leur visage en une véritable œuvre d’art, et les réseaux sociaux n’y sont pas étrangers.

La quête d’une esthétique parfaite et ses risques

La recherche d’une esthétique parfaite, d’un visage aux dimensions standardisées, la couleur des yeux, la forme de la mâchoire, la carrure des épaules et même l’apparence générale du corps deviennent autant de prétextes à intervention. Parfois, malheureusement, ce qui commence comme un désir de se conformer aux canons de beauté du moment glisse vers un trouble obsessionnel compulsif, et c’est à ce stade que les dommages peuvent devenir irréversibles.

Quand la correction devient une obsession : l’histoire de Mike

Mike avait 18 ans et, jusque-là, il ne s’était jamais trouvé particulièrement laid. Il se considérait comme un garçon ordinaire, avec ses qualités et ses petits complexes comme tout le monde. Mais, au fil des mois, il avait commencé à passer de plus en plus de temps sur Instagram, à regarder les photos parfaitement sculptées de certaines personnalités qu’il admirait. Leur silhouette l’attirait autant qu’elle le troublait : tailles fines, lignes impeccables, posture irréprochable. Il ne voulait pas devenir une autre personne, simplement leur ressembler un peu plus, comme s’il suffisait d’adopter leurs contours pour acquérir leur assurance.

Il avait d’abord tenté des retouches discrètes de son style, puis, progressivement, il avait cherché des moyens plus radicaux. C’est ainsi qu’il avait découvert les corsets « modelants », censés affiner la taille et redessiner le torse. Mike en acheta un, puis un autre, jusqu’à porter des modèles extrêmement serrés, persuadé qu’il suffisait de souffrir un peu pour obtenir la silhouette qu’il avait en tête.

Au début, il se disait que l’inconfort n’était qu’un passage obligé. Puis vinrent les douleurs : des tiraillements au bas du dos, une gêne constante au niveau de l’abdomen, une respiration plus courte. Il continua pourtant, persuadé que s’arrêter annulerait tous ses efforts. Avec le temps, les maux s’aggravèrent : des troubles digestifs persistants, une pression constante sur les muscles lombaires, une sensation de fatigue qui ne le quittait plus.

Le jour où il a dû consulter en urgence parce qu’il ne parvenait plus à se tenir droit sans douleur, il a compris que son désir de ressembler à ses idoles l’avait mené beaucoup trop loin. Le médecin lui expliqua calmement que son corps avait été compressé à un point où ses organes et sa colonne avaient été mis à rude épreuve. Rien d’irréparable, mais les conséquences nécessiteraient du repos, de la physiothérapie et, surtout, une remise en question de ses habitudes.

Modifier son apparence sans tomber dans la maladie : l’exemple d’Ahmed

Ahmed ne s’était jamais vraiment inquiété de son apparence. Un peu grassouillet mais pas trop, il ressemblait à n’importe quel autre garçon de son âge. Seul son nez le dérangeait, surtout lorsqu’il riait. Aquilin à l’extrême, il lui donnait l’impression de se transformer en bec d’aigle chaque fois qu’un rire franc le prenait, au point qu’il en devenait timide et en venait à cacher son nez avec la main lorsqu’il riait chaleureusement.

Ce n’était pas une obsession, simplement un objectif. Dès l’âge de seize ans, il avait envisagé de consulter un chirurgien esthétique pour savoir comment atténuer ce « bec d’aigle ». Grâce aux conseils avisés du médecin, il avait compris qu’une simple intervention sous anesthésie locale pourrait affiner la pointe de son nez et l’harmoniser avec le reste de son visage.

À dix-huit ans, direction la clinique, le médecin ayant insisté pour attendre l’âge de la majorité avant d’opérer afin de laisser le temps au projet de se confirmer. En une heure, Ahmed se retrouva avec le nez qu’il souhaitait. Quelques semaines plus tard, une fois les ecchymoses et l’enflure disparues, il adorait enfin ce qu’il voyait dans le miroir.

Les interventions esthétiques les plus courantes chez les jeunes hommes gays

Chez les jeunes hommes gays, on remarque surtout un intérêt pour de petites retouches qui permettent de se sentir un peu plus confiants devant le miroir ou devant l’être aimé. Beaucoup veulent simplement adoucir un trait qu’ils trouvent trop présent, rafraîchir leur regard ou donner un peu plus d’éclat à leur visage, comme on ajuste une lumière pour mieux se voir.

Certains aiment aussi redonner un peu de volume ici et là (même au niveau de l’effet de bosse du sexe masculin), histoire d’avoir un air plus reposé ou plus harmonieux et d’attirer le regard vers “l’inaccessible étoile”, tandis que d’autres cherchent surtout à lisser la peau ou atténuer les cernes pour paraître moins fatigués.

Il y a aussi ceux qui aimeraient définir un peu mieux leur silhouette, sans forcément changer quoi que ce soit de profond. Au fond, ce sont des gestes destinés à se rapprocher de l’image qu’ils souhaitent projeter, souvent influencée par ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux, là où tout paraît toujours un peu plus parfait qu’en vrai.

Que faire quand on perd le contrôle ?

Comme dans le trouble obsessionnel compulsif ou l’anorexie, il arrive parfois que le désir de ressembler au plus près à ce que l’on voit sur les réseaux sociaux génère une anxiété tellement forte qu’elle devient obsédante. L’image que le jeune homme a de lui-même se déforme, un peu comme dans l’anorexie, où il se perçoit toujours plus gros alors qu’en réalité il est trop maigre.

Dans ces situations, on parle d’un trouble de la perception.

Quand quelqu’un commence à se sentir un peu perdu avec toutes ces attentes, ça peut vraiment aider de discuter avec des gens de confiance, que ce soit des amis, la famille ou même un pro, histoire de mettre un peu de clarté dans tout ça. Parfois, prendre un peu de distance avec les réseaux sociaux fait du bien, ça permet de voir les choses autrement et de se recentrer sur ce qui compte vraiment.

C’est souvent en se laissant un peu de temps, sans chercher à être parfait, qu’on retrouve plus facilement un équilibre. Et si ça devient trop compliqué, il y a toujours des spécialistes qui peuvent accompagner sans juger, juste pour trouver des solutions qui conviennent vraiment.

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Gayglobe.net

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