ROMAN: LE VENTRE DE PARIS (1873) ÉMILE ZOLA

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Le personnage principal est Florent, le demi-frère de Quenu. Arrêté par erreur à la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, il a été déporté au bagne de Cayenne en Guyane, dont il a réussi à s’évader. Il arrive à Paris en 1858 et obtient une place d’inspecteur au pavillon de la marée, à l’intérieur des Halles.

On y rencontre des personnages variés tels que Lisa Macquart, charcutière, épouse de Quenu (et donc belle-sœur de Florent), ou encore Louise « la belle Normande », poissonnière, fille aînée des Méhudin et rivale de « la belle Lisa ».

Zola développe le thème de la dualité entre les « Gras » et les « Maigres » tout au long du roman. La belle Normande, une Grasse, entend se servir de Florent, un Maigre, pour se venger de Lisa (une Grasse également). Après un vif différend qui a opposé les deux rivales à cause de la fraîcheur douteuse d’un de ses poissons, la belle Normande se rapproche ainsi de Florent, par l’intermédiaire de Muche, son jeune fils, pour qui il devient une sorte de précepteur. Elle voit même en lui un mari potentiel, car il est héritier, ainsi que son frère Quenu, le charcutier, de leur oncle Gradelle. Florent n’est cependant pas du tout réceptif aux avances de la belle Normande.

Il devient par ailleurs ami avec Claude Lantier, artiste peintre bohème et neveu de « la belle Lisa », dès son retour à Paris (au début du roman).

Florent refuse catégoriquement de toucher sa part d’héritage, qu’il laisse comme consignée aux soins de son frère Quenu et de sa femme Lisa, qui le logent et le nourrissent, chez eux à la charcuterie. Considérant qu’il n’a pas de grands besoins pécuniaires, et par une sorte de charité de conscience, il reverse chaque mois discrètement tout son salaire à l’inspecteur en titre malade qu’il remplace, Monsieur Verlaque (la femme de celui-ci abusant hypocritement de cette générosité).

Florent se mêle également de politique, se passionne, participant à des réunions révolutionnaires dans la boutique de Monsieur Lebigre, marchand de vin. Il manigance, idéaliste, naïf et plein de convictions, en prenant des notes et en essayant de rassembler des partisans pour une action violente contre le régime impérial en place, cherchant la justice et une revanche personnelle envers l’État qui l’avait envoyé au bagne.

Lisa prend peur, la situation lui déplaît et semble dégénérer sournoisement, et elle se méfie de plus en plus de ce beau-frère « trop maigre », louche désormais, qu’elle doit supporter chez elle.

La vieille Mademoiselle Saget, quant à elle, participe activement à tous les ragots. Elle fait passer à tort Florent pour un coureur de jupons, puis, parvenant à percer le secret du jeune homme (son évasion du bagne après des années de détention, et la défiance de Lisa à son égard), notamment en faisant parler la petite Pauline, fille des Quenu, elle va le rapporter à deux autres femmes des Halles qui, promettant de garder le secret, se chargeront de répandre la nouvelle dans tout le quartier.

Par ailleurs mal vu en raison de son métier d’inspecteur, de sa personnalité trop douce, trop « Maigre », trop incomprise, Florent est dénoncé collectivement comme conspirateur, notamment par sa belle-sœur Lisa (mais à l’insu de son frère Quenu), et il est arrêté par la police.

Condamné à nouveau, il sera déporté, et la vie des Halles retrouvera son train-train quotidien, toutes querelles oubliées, dans un soulagement hypocrite.