Montréal en deuil : décès de Sammy Forcillo, figure politique du Village et du sud-ouest

Sammy Forcillo

Roger-Luc Chayer (Photo : François Roy, Archives La Presse)

Sammy Forcillo et la politique de terrain à Montréal

Sammy Forcillo, c’est quelqu’un que j’ai toujours vu comme une vraie figure du sud-ouest et du Montréal de terrain. Il vient du quartier, il a grandi dedans, et ça se sent dans tout ce qu’il fait. Pour lui, la politique, ce n’est pas des grandes théories, c’est surtout s’occuper du quotidien des gens : la qualité de vie, le développement qui respecte les citoyens, et faire en sorte que la ville reste vivable pour ceux qui y habitent vraiment.

Ancrage dans le Village et les quartiers centraux

Il est particulièrement attaché au Village et aux quartiers centraux. C’est son coin, son monde. Ça l’a toujours poussé à défendre une approche très concrète : la sécurité, la propreté, l’économie locale, et surtout que tout le monde arrive à cohabiter sans que les résidents se sentent envahis ou mis de côté. Sammy, c’est un gars de proximité. Il est sur le terrain, il écoute, il parle aux gens directement. C’est sa façon de faire.

Carrière municipale à l’hôtel de ville de Montréal

Sa carrière s’est passée à l’hôtel de ville comme conseiller municipal. Il a été élu à une période où tout bougeait vite : revitalisation, gestion des arrondissements, gros projets urbains. Il s’est investi dans l’aménagement, les infrastructures, les services de proximité, la planification du centre-ville… toujours avec ce regard pragmatique et réaliste.

Un élu au contact des réalités du terrain

Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il n’a jamais eu peur de dire les choses, on se ressemblait beaucoup sur ce point. Quand il trouvait qu’une décision était déconnectée de la réalité du terrain, il le disait clairement. Il a souvent défendu les intérêts locaux contre les grandes visions venues d’en haut. Ça l’a amené à vivre des débats assez vifs au conseil, surtout sur la gestion des espaces publics et l’avenir du Village gai, un dossier sensible qu’il connaît très bien.

Relations avec la presse et le milieu communautaire

Je l’ai souvent croisé comme journaliste, d’abord pour le Magazine RG, puis plus tard pour Le Point. On avait nos petites rencontres « secrètes » au Palais Montcalm, cet ancien restaurant de la rue Ontario juste à côté de chez lui. Il venait y prendre le pouls du Village, mais surtout, il tenait à savoir si on trouvait qu’il faisait un bon travail. Tout le monde le connaissait, tout le monde le saluait, tout le monde l’aimait. Et franchement, c’est devenu rare aujourd’hui en politique.

Une couverture marquante et une proximité humaine

Quand je suis arrivé à la revue Le Point, je lui ai demandé s’il accepterait de faire la couverture avec une entrevue. Il a tout de suite accepté.

Étant encore novice en graphisme, le texte n’avait posé aucun problème, mais pour la photo de couverture, j’avais un peu trop lissé sa peau avec Photoshop… Il avait l’air complètement botoxé ! Ça l’avait bien fait rire.

Présence médiatique dans les années 2000

Dans les années 2000, on le voyait régulièrement dans les médias, particulièrement dans la presse communautaire et celle qui parlait de la vie du Village et des enjeux LGBTQ+. Ça montre à quel point il était ancré dans son milieu, dans toute sa diversité.

Un élu marqué par les transformations de Montréal

Au bout du compte, Sammy Forcillo représente pour moi cette génération d’élus de terrain qui ont traversé une période hyper importante pour Montréal : les fusions, la réorganisation des arrondissements, la redéfinition de ce que veut dire « vivre en ville ». Un homme engagé, parfois têtu, mais toujours proche des gens et de son quartier.

Sammy Forcillo est décédé le 9 avril dernier. Merci Sammy !

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