Roger-Luc Chayer
Une société pharmaceutique montréalaise est en train de révolutionner le monde de la recherche sur le VIH en innovant et créant de nouveaux médicaments contre le VIH et ses conditions associées, qui sont approuvés aux États-Unis et partiellement au Canada. Ça ne saurait tarder toutefois, si on se fie au sérieux des recherches de Thera Technologies, basée au centre-ville de Montréal.
Le premier médicament disponible et approuvé par Santé Canada est l’Egrifta, homologué pour le traitement de l’excès de graisse abdominale chez les personnes séropositives. On parle souvent des ravages physiques et moraux de la lipodystrophie, qui résulte parfois de l’utilisation de certains médicaments contre le VIH, voilà que l’Egrifta vient aider considérablement les personnes atteintes de cette condition très désagréable.
Selon le Réseau CATIE, la tésamoréline (Egrifta) est une petite molécule qui stimule le cerveau de sorte qu’il produit l’hormone de croissance. Cette hormone aide à réduire le volume de graisse abdominale chez certaines personnes séropositives. La tésamoréline n’a pas d’effet sur la couche de graisse située juste en-dessous de la peau (graisse sous-cutanée) du visage ou dans d’autres parties du corps. La tésamoréline est injectée sous la peau une fois par jour. Lors des essais cliniques, les participants qui ont perdu de la graisse abdominale dans un premier temps sous l’effet de la tésamoréline ont vu cette graisse revenir après avoir cessé de prendre le médicament. La graisse qui s’accumule dans les profondeurs du ventre s’appelle la graisse viscérale. En général, chez les adultes, à mesure que le volume de graisse abdominale augmente, la production d’hormones de croissance diminue.
Des études menées dans les années 1980 et jusqu’au milieu des années 1990 ont laissé croire que certains adultes séropositifs produisaient une quantité sous-optimale de l’hormone de croissance. Cette production réduite d’hormone de croissance entraînait des changements dans la composition du corps, soit une accumulation de graisse abdominale et une perte de tissu maigre (muscle).
La tésamoréline est une petite molécule (il s’agit d’un peptide). Ce médicament stimule l’hypophyse, une glande située dans le cerveau, afin qu’elle libère de l’hormone de croissance. L’augmentation de la production d’hormone de croissance peut faire en sorte que l’excès de graisse abdominale diminue. Lors des essais cliniques, la tésamoréline a été très bien tolérée.
L’arrivée d’une telle molécule qui agit de façon tout à fait novatrice sans effets secondaires notables est une révolution pour les personnes séropositives car, on le sait, l’apparence physique est un aspect important de la vie des hommes homosexuels et avoir l’air en santé, même sous trithérapie, fait souvent la différence dans la socialisation des personnes atteintes.
Thera Technologies vient d’obtenir l’approbation des autorités américaines sur un autre médicament, le Trogarzo, qui lui aussi traite le VIH, mais d’une nouvelle manière sous forme d’une injection aux deux semaines. Il n’interagit pas avec d’autres médicaments et ne permet pas de développer de résistance croisée. Il est efficace chez les personnes qui ne réagissent pas bien aux thérapies classiques. Il est à souhaiter que Santé Canada homologue rapidement cette nouvelle alternative. Bravo Thera technologies!