ROSEANNE: LIBRE EXPRESSION?

Roger-Luc Chayer

Voilà que l’émission la plus populaire de toutes les chaînes de télés américaines, Roseanne (seconde mouture), vient d’être retirée des ondes par ABC suite à la publication par sa principale vedette, Roseanne Barr, d’un tweet passablement raciste portant sur une personne qu’elle ne connaissait même pas.

Personnellement, j’adorais Roseanne (2) autant que la série originale parce que Roseanne a le don de nous faire vivre «l’extra-ordinaire», le plus qu’ordinaire, sans tous les effets spéciaux ou sonores de la télé actuelle. C’était simple, fait avec des gens simples et ça me plaisait. Pour le retour de la série, les réalisateurs avaient réussi le tour de force de retrouver tous les acteurs originaux et de leur redonner un rôle. C’était un exploit!

Malheureusement, Roseanne a décidé de mêler son talent et ses opinions personnelles sur tout et rien à sa célébrité, et ça vient de mettre au chômage plus de 200 personnes, acteurs, personnel de tournage et de production. Un prix fort à payer, mais ce n’était pas la première gaffe publique de l’actrice.

Pour expliquer son tweet, elle a d’abord invoqué la prise d’un médicament et ses effets secondaires, pour ensuite déclarer qu’elle avait été retirée des ondes parce qu’elle avait exercé sa liberté d’expression. Parlons-en de cette fameuse liberté d’expression souvent invoquée mais peu comprise!

Dans la plupart des sociétés démocratiques, les gens croient que la liberté d’expression et d’opinion leur donne le droit de dire tout ce qu’ils veulent et que les lois les protègent. FAUX! À titre de journaliste, j’ai souvent été confronté à ce concept, et au premier degré. La liberté d’expression signifie que tous ont droit à leurs idées et opinions, pas nécessairement au droit de les diffuser. À l’ère de l’Internet et des réseaux sociaux, les dommages sont multipliés lorsqu’une personne décide de livrer une opinion, que ce soit de bonne foi et en matière de diffamation, on peut justement être condamnés à de sérieuses amendes si les propos sont vrais. Dès lors qu’ils causent un préjudice, la liberté d’expression prend le bord. Quand Roseanne affirme que son droit est brimé, elle aurait mieux fait de consulter un juriste avant de publier son tweet!

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