Trump menace le mariage gay : Clinton tire la sonnette d’alarme

Photo Hillary Clinton

Roger-Luc Chayer (Photo : Jeff Swensen / Getty Images)

L’ancienne première dame des États-Unis a exhorté, la semaine dernière, les personnes issues des communautés LGBT à se marier rapidement si elles en avaient l’intention. Selon elle, la fin du droit au mariage entre personnes de même sexe pourrait survenir bientôt, dans la lignée des décisions de l’ex-président Donald Trump et de sa volonté d’effacer toute trace de l’existence des personnes homosexuelles.

Selon Axios, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton a prédit que la Cour suprême allait « faire au mariage gay ce qu’elle a fait à l’avortement » et renvoyer la décision aux États.

Le mariage entre personnes de même sexe a suivi un long parcours aux États-Unis, marqué par des avancées et des reculs. Dès les années 1990, plusieurs États adoptaient des lois interdisant explicitement ce type d’union, notamment avec le Defense of Marriage Act (DOMA) de 1996, qui définissait le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme au niveau fédéral. Cependant, certains tribunaux et États progressistes, comme le Massachusetts en 2004, ont ouvert la voie en légalisant le mariage gai.

La situation a évolué rapidement au cours des années 2010, alors que de plus en plus d’États reconnaissaient ces unions, souvent à la suite de décisions judiciaires invalidant les interdictions. Le tournant majeur est survenu en 2015, lorsque la Cour suprême des États-Unis, dans l’arrêt Obergefell v. Hodges, a statué que le droit au mariage s’appliquait également aux couples de même sexe, garantissant ainsi l’égalité sur tout le territoire américain.

Quelle est la position actuelle du président Trump sur cette question ?

La position de Donald Trump sur le mariage homosexuel a toujours été marquée par l’ambivalence. Dans les années 2000, il s’était déclaré favorable aux partenariats civils, mais opposé à l’union matrimoniale (Economic Times). En 2011, il réaffirmait clairement son opposition. Lors de sa première campagne présidentielle, il parlait encore de « mariage traditionnel », tout en admettant que l’arrêt Obergefell v. Hodges (2015), qui a légalisé le mariage gai à l’échelle nationale, avait « réglé la question ».

Depuis son retour à la présidence en 2025, Trump n’a pas pris de position publique claire sur le mariage homosexuel, mais son administration a adopté des mesures restreignant plusieurs droits LGBTQ+, notamment en matière de santé et d’éducation. Selon Time et Them.us, le mariage égalitaire reste légal grâce à Obergefell, mais la nomination de juges conservateurs et le climat politique actuel fragilisent cette protection.

Trump et l’effacement identitaire des communautés LGBT

Depuis son retour au pouvoir comme président des États-Unis — et « leader du monde », selon ses propres mots — Donald Trump a signé de nombreux décrets restreignant les droits sociaux, médicaux et communautaires des personnes homosexuelles.

Dès son investiture en janvier 2025, Donald Trump a orchestré une série de mesures visant à exclure les personnes trans des institutions fédérales. Le jour-même, il a promulgué un décret qui impose au gouvernement de ne reconnaître que deux sexes immuables — homme et femme — effaçant la notion d’identité de genre dans les documents officiels comme les passeports, et coupant les financements destinés aux soins d’affirmation de genre.

Quelques jours plus tard, un autre décret a interdit l’accès pour les personnes trans au service militaire, invoquant la cohésion des forces armées et leur efficacité comme justification. Puis, dès la fin du mois de janvier, une troisième action exécutive a privé les mineurs des soins médicaux de transition — incluant bloqueurs de puberté, traitements hormonaux et chirurgies — en interdisant leur couverture par des financements fédéraux.

En parallèle, l’administration a ciblé l’éducation publique : un décret a exigé que les écoles mettent fin à toute reconnaissance ou soutien à la transition sociale des étudiants trans, y compris l’usage de pronoms ou de noms préférés, l’accès aux toilettes correspondant à leur identité et la participation aux activités sportives selon leur genre.

La quasi-totalité de ces décrets fait l’objet de recours devant les tribunaux en vue de leur annulation.

En ce qui concerne le droit au mariage des personnes issues des communautés LGBT, tant que la célébration a eu lieu avant la décision de la Cour suprême des États-Unis, il devrait en principe être maintenu. Cependant, avec les juges de ce tribunal, non seulement républicains mais également très favorables à Trump, il ne serait pas surprenant que certains mariages antérieurs soient annulés, provoquant une cascade de problèmes juridiques touchant les testaments, les droits des conjoints et l’adoption, pour ne citer que ces aspects.

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Gayglobe.net

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