La Voix du Nord
L’abandon, les placements de foyer en foyer, l’errance, la vie dans la rue dès l’âge de 15 ans sont sûrement des explications mais n’excusent en aucun cas le comportement de deux frères qui ont passé à tabac un jeune homme le 24 mai dernier.
Le 24 mai dernier, un Touquettois sympathise avec deux frères et les invite à passer la soirée dans son appartement. Elle commence par la consommation de quelques verres mais dégénère puisque la victime est retrouvée dans un état pitoyable au bas de son immeuble. Sérieusement blessé, il est conduit au centre hospitalier mais son état nécessite un transfert à Amiens. Bien qu’ayant d’énormes difficultés à s’exprimer, il donne le nom de ses agresseurs.
Repérés par les caméras de vidéosurveillance
Alexandre Després, 22 ans et son frère Damien, 20 ans, qui avaient déjà fait l’objet de contrôles de police dans le courant de la soirée sont interpellés le 28 mai. Devant les images de vidéos surveillance les voyant entrer puis sortir de l’immeuble leurs tee-shirts couverts de sang, ils ne peuvent nier les faits. Leurs déclarations font froid dans le dos et démontrent que les deux prévenus ont pris un malin plaisir à faire souffrir leur victime. Ils expliquent que le Touquettois leur aurait fait des avances. « Il a tellement insisté, explique Alexandre que je lui ai mis un coup qui l’a mis KO. Au moment où nous allions partir, il s’est relevé avec une bouteille à la main tentant de frapper l’un de nous. À partir de cet instant, j’ai vu rouge et nous lui avons porté des coups ».
Des coups d’une violence extrême. Les prévenus vont expliquer qu’ils frappaient là où ça saignait, là où ça fait mal dans le but de lui faire comprendre.
« Comprendre quoi ? » demande le président. « Il a posé ses mains sur moi alors j’ai eu la rage. J’ai frappé, j’ai frappé encore et encore » répond Alexandre. « Il criait . Je n’ai pas de remords, je ne vais pas le plaindre. ». « En fait vous avez frappé cet homme parce qu’il n’a pas les mêmes orientations sexuelles que vous, c’est une agression homophobe » insiste le président. « Pas du tout, rétorque Damien, mais il y a des choses dans la vie que je n’accepte pas. Cette manière d’insister ça m’a fait perdre la tête. Et puis, je ne pensais pas que c’était aussi grave que ça, c’était une simple volée. »
Aucun remord
« Aujourd’hui, vous avez conscience que vos actes sont graves qu’ils auraient pu tuer votre victime qu’en pensez-vous ? » reprend le président.
« Nous sommes conscients que nous avons été très loin, disent en chœur les deux frères, que nous aurions pu le tuer. Mais nous ne le plaignions pas, il a eu des gestes que nous ne pouvions tolérer. »
Le tribunal prononce à l’encontre de Damien une peine de 5 ans de prison dont 2 ans avec sursis mise à l’épreuve pendant 2 ans avec obligation de soins et de travail. Alexandre, de son côté, écope également d’une peine de 5 ans de prison assortis d’un sursis d’une année comportant les mêmes obligations que son frère. De plus, étant déjà connu de la justice, Alexandre se voit révoquer un sursis à hauteur d’un mois. Le tribunal ordonne le maintien en détention des deux prévenus.